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Le numérique au secours de archéologues

20 Janvier 2016, 19:11pm

Publié par Grégory SANT


Illustration: PRESIOUS/EUROPA

De nouveaux outils numériques pourraient accélérer les recherches sur le patrimoine culturel.

Les archéologues auront bientôt accès à de nouveaux outils numériques pour faciliter la reconstitution d'objets cassés et pour estimer l'impact de l'érosion. Les progrès associés dans la numérisation prédictive pourraient ouvrir de nouvelles opportunités commerciales.

Le projet PRESIOUS, financé par l'UE, a développé des outils logiciels qui pourraient améliorer l'efficacité du travail des archéologues européens dans un contexte de budgets serrés, et montré que la simulation par ordinateur peut aider grandement les chercheurs dans plusieurs disciplines, y compris la préservation des objets du patrimoine culturel. Une fois le projet terminé, ces outils seront disponibles en téléchargement gratuit pour les archéologues, et l'entreprise partenaire du consortium aura utilisé certaines des avancées.

"Nous nous sommes attaqués à certaines des difficultés que rencontrent les archéologues dans leur travail quotidien", explique le professeur Theoharis Theoharis de l'Université norvégienne des sciences et des technologies.

"Par exemple, pour mieux comprendre l'évolution des monuments dans certaines conditions d'érosion, nous avons développé un logiciel de simulation, dans le cadre de nos contraintes en temps et en ressources. Il permet aux archéologues de scanner un objet en pierre et de simuler son érosion dans diverses conditions."

Un deuxième objectif était de développer un logiciel pour aider les archéologues à assembler des objets cassés et fragmentés, comme un puzzle 3D. "Dans une excavation, les archéologues trouvent souvent des milliers de fragments", souligne le professeur Theoharis. "Leur assemblage est d'une complexité quadratique, un problème que les informaticiens comprennent bien." Le projet a réalisé un outil qui propose automatiquement des assemblages possibles à partir des fragments numérisés.

Une troisième solution développée a été un logiciel capable de remplir les trous dans des objets reconstitués et dotés d'une symétrie. Même quand on a réussi -avec difficulté- à remettre les morceaux en place, il manque souvent des pièces au puzzle. Le nouvel outil logiciel reconnaît les symétries et les motifs géométriques de l'objet, et propose des suggestions logiques pour boucher les trous et faciliter la restauration.

"Mais pour développer ces solutions, il nous a fallu surmonter un obstacle majeur: la dépense et le travail intensif que demande la numérisation", souligne le professeur Theoharis. "Nous avons constaté qu'un opérateur formé a besoin de deux heures et demie pour numériser rien qu'un seul morceau. Aussi notre quatrième action a été d'accélérer la numérisation, avec l'aide de l'entreprise partenaire."

Pour cela, les chercheurs ont mis au point la numérisation prédictive, qui utilise des informations 3D provenant de référentiels d'objets déjà numérisés. Cette technique est utile lorsque la réduction des coûts est impérative et qu'une numérisation de précision n'est pas nécessaire au but final, ce qui est parfois le cas en archéologie.

"Nous avons envisagé de commercialiser notre logiciel, mais nos partenaires universitaires ont compris que les utilisateurs visés, les archéologues, rencontrent de sévères contraintes de financement", constate le professeur Theoharis. "En conséquence, ces outils seront gratuits une fois le projet terminé (en janvier 2016). Nous avons en outre beaucoup de données et de résultats de recherche que nous comptons rendre disponibles en ligne. Ils concernent de nombreux problèmes relatifs au patrimoine culturel et que nous aurions aimé aborder, aussi nous espérons qu'en mettant ces informations à la disposition de tous, les recherches continueront."

Les retours des archéologues, collectés lors de plusieurs conférences, séminaires et démonstrations, ont été très positifs, et le professeur Theoharis est certain que les outils de PRESIOUS contribueront directement à préserver le patrimoine culturel de l'Europe.

Source : techno-science.net

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