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L'impression 3D s'impose en aéronautique

3 Juin 2016, 17:07pm

Publié par Grégory SANT

Économisant poids, temps et matière, l'impression de pièces d'avion en trois dimensions s'impose au salon aéronautique ILA de Berlin comme une évidence technologique, économique et même écologique pour le futur du secteur aérien.


Il fait figure de Petit Poucet entre les gigantesques A380 et A350 qui l'entourent, et pourtant ce petit avion blanc de 21 kilos et moins de quatre mètres de long attire les regards à l'ILA. Baptisé "Thor", il s'agit du tout premier avion imprimé en 3D.
"Il s'agit d'un test sur ce qui est possible avec la technologie de l'impression 3D. Nous voulions voir si nous pouvions accélérer un procédé de développement où l'impression 3D ne serait pas utilisée seulement pour des pièces isolées, mais pour un système entier", explique à l'AFP Detlev Konigorski, responsable du développement de Thor chez Airbus.
Et cet appareil en polyamide piloté depuis le sol, dont seuls les éléments électriques ne sont pas imprimés, "vole à merveille. Il est très stable", se félicite l'ingénieur en chef Gunnar Haase, qui a mené le vol inaugural de Thor en novembre non loin de Hambourg (nord).
- Gain de poids -
Si les possibilités ouvertes par l'impression 3D dans l'aéronautique sont encore en pleine exploration, cette technique a déjà des applications concrètes, puisqu'Airbus et Boeing ont commencé à y avoir recours, notamment pour des pièces de leurs avions A350 et 787 Dreamliner.
Chez Hofmann, une entreprise bavaroise spécialisée de 250 employés, cela se conjugue aussi au présent.
"Les pièces imprimées ont l'avantage de ne pas nécessiter d'outillage et de pouvoir être fabriquées immédiatement", met en avant Jens Henzler, responsable commercial, devant une vitrine de petites pièces ajourées.
Autre avantage, les pièces en métal peuvent être 30% à 50% moins lourdes, ajoute-t-il.
L'impression en trois dimensions réduit en outre à presque à zéro les déchets de fabrication, puisqu'il ne s'agit plus de tailler une pièce dans un bloc brut de matière, mais de la créer en déposant la matière choisie couche par couche selon le modèle préalablement créé sur ordinateur.
Parmi 102 responsables du secteur aérien interrogés par la fédération allemande de la high-tech Bitkom, 70% considèrent qu'en 2030, des petites pièces de rechange seront imprimées directement à l'aéroport, et 51% tablent sur la fabrication par ce biais de parties entières d'avion.
- Dans l'espace aussi -
Les avions ne sont pas les seuls à chercher à s'alléger grâce à l'impression 3D. La future fusée Ariane 6, qui volera à partir de 2020, comptera aussi de nombreuses pièces imprimées.
"Cela apporte énormément de réduction de coûts sur la fabrication des pièces", explique à l'AFP Alain Charmeau, le président d'Airbus Safran Launchers, alors qu'Ariane 6 est censée être quasiment moitié moins chère qu'Ariane 5.
Toutes les pièces d'une taille inférieure à 40 centimètres de côté pourront être imprimées en 3D. Un procédé particulièrement intéressant pour les pièces complexes.
"Nous avons déjà testé un ensemble d'injection pour un moteur qui est complexe. Aujourd'hui, ce sont 270 pièces qui sont fabriquées unitairement et qu'ensuite il faut assembler. Avec l'impression 3D, on a trois pièces", explique M. Charmeau.
Si pour les industriels de l'aéronautique, l'intérêt de l'impression 3D est avant tout économique, certains y voient aussi une chance de rendre le transport aérien moins dommageable pour l'environnement, car avion moins lourd signifie moins de consommation de carburant.
Pour réduire les émissions de CO2 de ce secteur en pleine croissance - le trafic aérien est amené à à doubler dans les 20 prochaines années -, "la question décisive est celle d'innovations techniques radicales, et ce dans un laps de temps relativement court", considère Ralf Fücks, président de la fondation Heinrich Böll, proche du parti allemand des Verts.
L'impression 3D en fait sans aucun doute partie, a-t-il estimé, lors d'une conférence à l'ILA aux côtés du président d'Airbus Tom Enders.

Source : leparisien.fr

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