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Shazam se diversifie

25 Janvier 2017, 18:25pm

Publié par Grégory SANT

La société britannique ne se contente plus de reconnaître des chansons.Pour assurer son avenir, elle cherche à diversifier ses revenus.

Inventer un logiciel captant tout de suite l'attention du grand public ne garantit pas un succès durable. En attestent les difficultés de Vine ou de Music.ly. C'est le sort que veut éviter de connaître le britannique Shazam, l'application qui retrouve en quelques secondes les références de la chanson que vous êtes en train d'entendre. Cette oreille intelligente reste très utilisée : l'appli a été téléchargée plus d'un milliard de fois et compte 300 millions d'utilisateurs actifs. Quelque 20 millions de chansons sont « shazamées » tous les jours (et 40 millions au Jour de l'an). Cependant, la base d'utilisateurs semble plafonner : ils étaient déjà 300 millions fin 2015...

Alors qu'elle est entrée dans le cercle fermé des licornes européennes , valorisée plus d'un milliard de dollars au terme d'une levée de 50 millions début 2015, Shazam cherche donc à multiplier les leviers de monétisation de sa technologie. « Nous voulons prolonger la conversation entre le consommateur et l'annonceur, qu'elle soit à la télé, sur l'emballage d'un produit, en affichage ou sur un magazine », expliquent ainsi aux « Echos » Greg Glenday, directeur des revenus de Shazam, et Julie Leplus, directrice commerciale France.

Shazam s'est déjà diversifiée il y a quelques années en proposant des spots télé « shazamables ». Elle s'est aussi lancée dans la reconnaissance visuelle. Sur chaque communication visuelle arborant le logo Shazam, il est ainsi possible de positionner son téléphone et d'accéder à des contenus spécifiques. La société s'en est surtout servie pour des campagnes de publicité, proposant ainsi aux annonceurs un nouveau modèle, jugé plus engageant.

Logique de partenariats

Mais elle veut désormais passer à la vitesse supérieure. Shazam pense être le bon support pour proposer des coupons ou approfondir la relation avec la marque en organisant des jeux sur l'écran du smartphone, du play-back de chansons, etc. Elle va même exploiter la réalité augmentée à partir de la semaine prochaine : un petit personnage pourra apparaître sur le goulot de votre bouteille lorsque vous la regarderez par le biais de votre smartphone. « Nous améliorons encore nos outils d'identification visuelle et sonore pour gagner des millisecondes, indique Greg Glenday. Et nos ingénieurs travaillent déjà sur la reconnaissance d'objets, dans la rue par exemple. Le champ des opportunités est fascinant. »

Autre moyen de monétiser son service : les données. Shazam propose un abonnement aux marques, mettant à leur disposition un tableau de bord des musiques shazamées à travers le monde en les classant par genres, etc. Cela peut servir aux labels pour déterminer ce qui sera un tube, aux marques pour choisir des musiques ou encore à envoyer de la publicité géolocalisée.

Enfin, Shazam travaille à étendre son audience. Intégré à Siri, le système de reconnaissance vocale d'Apple, le service l'est aussi depuis peu dans Snapchat. « Cela nous permet de toucher un public différent, un peu plus jeune », assure Greg Glenday. Sans oublier le travail en local. La société n'exclut pas, d'ailleurs, d'ouvrir un bureau en France, son deuxième marché dans le monde derrière les Etats-Unis, dans les mois qui viennent.

Aujourd'hui, l'essentiel du chiffre d'affaires du groupe, qui se dit rentable depuis 2015 et emploie 240 personnes, vient de la publicité placée sur l'appli quand elle est utilisée. Et 30 % proviennent des commissions versées par Apple, Amazon ou Spotify quand un utilisateur y achète une chanson qu'il a identifiée grâce à Shazam. L'objectif désormais : faire grimper les revenus des nouveaux services.

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