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SNIPS fait parler les objets du quotidien

16 Juin 2017, 18:43pm

Publié par Grégory SANT

SNIPS fait parler les objets du quotidien
 

La start-up développe une technologie concurrente d'Amazon Alexa, pour permettre à des objets de comprendre des instructions orales, sans nécessiter de connexion à Internet.

Apporter la compréhension du français à une machine à café, à une box Internet ou à une borne d'information dans un centre commercial. La start-up Snips propose aux entreprises d'inclure dans leurs produits un assistant personnel capable de reconnaître les ordres des clients dans chacun de leurs domaines. «Grâce à l'intelligence artificielle, les objets vont pouvoir comprendre nos habitudes. Il ne sera plus nécessaire d'apprendre à s'en servir», fait valoir Rand Hindi, cofondateur de Snips. Pour mener à bien ce projet d'envergure, la start-up lève 12 millions d'euros auprès de la Bpi, de Maif Avenir et du fonds coréen K-Fund  1, conseillé par l'ancienne ministre du Numérique Fleur Pellerin.

Snips vient concurrencer des solutions clés en main mises à disposition par les géants du Web, Amazon, Google, Facebook ou Microsoft. Chacun, à sa manière, propose des briques logicielles pour reconnaître la voix, comprendre le langage naturel ou les intentions des interlocuteurs. Pour fonctionner, elles nécessitent un dialogue constant avec leurs serveurs, et donc une connexion à Internet. À l'inverse, la technologie de la start-up française est  la première plateforme vocale au monde 100 % embarquée». Les intelligences artificielles sont entraînées et configurées pour chaque objet, puis stockées localement. «Nous atteignons 93% de taux de compréhension, davantage que les assistants personnels généralistes», selon Rand Hindi. Une machine à café saura par exemple comprendre la commande d'un double expresso sans sucre, et réagir en conséquence.

Respect de la vie privée

Cette approche permet aussi de concevoir des solutions plus respectueuses de la vie privée, car rien ne se retrouve stocké dans le  cloud. «La voix est une donnée biométrique qui nous identifie de manière unique. Si l'on se fait voler notre empreinte vocale, il est impossible d'en changer», souligne Rand Hindi. Le règlement européen pour la protection des données personnelles, qui entrera en vigueur en mai 2018, nécessitera le consentement explicite pour chaque usage de ses informations. C'est pourquoi des solutions comme celles de Snips seront plus aisées à déployer. «Nous avons trouvé le talon d'Achille des Gafa et pouvons reprendre l'avantage», estime Rand Hindi.

Snips discute avec des fabricants d'automobiles, de robots et de PC, ou encore des opérateurs Internet, et les premiers produits sont attendus en fin d'année. Un site Internet permet de concevoir un prototype gratuit d'assistant personnel. La solution sera vendue une poignée de dollars aux entreprises, en fonction des volumes de produits, là où les géants de la tech facturent selon le nombre de requête. Les fabricants devront aussi inclure des composants de la puissance d'un Rasberry Pi (processeur 1GHz monocœur, 500 Mo de RAM) pour faire tourner le logiciel.

À ce jour, l'assistant de Snips comprend cinq langues - français, anglais, allemand, espagnol, coréen - et sera ouvert à d'autres. La start-up souhaite gérer par la suite la synthèse vocale. Fondé en 2013, Snips a commencé par conseiller les entreprises pour faire fructifier leurs données grâce à l'intelligence artificielle. La start-up a obtenu 21 millions de dollars de subventions et d'investissements en deux ans et emploie une quarantaine de personnes. Elle a commencé par lancer une application de recommandations aux utilisateurs, en fonction de leur contexte. Ces développements auprès du grand public, stoppés, serviront à enrichir sa plateforme destinée aux professionnels. Pour Rand Hindi, distingué en 2014 par le MIT Technology Review parmi les entrepreneurs de moins de 35 ans, «notre but reste de faire disparaître la technologie grâce à l'intelligence artificielle».

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Résidence étudiante 28/08/2017 09:25

Très intéressent article.
Un grand merci pour vos articles, merci beaucoup