Le pari de Mark Zuckerberg, fournir un accès à Internet aux populations les plus reculées grâce à un drone solaire embarquant de la 4G, est-il en passe d’être gagné ? Baptisé Aquila, le projet du fondateur de Facebook a, en tout cas, connu une avancée notable le mois dernier. “Aquila est resté 1 h 46 en vol à plus de 900 mètres d’altitude. Une belle avancée, même si le but final de l’entreprise est d’atteindre entre 18 et 28 000 mètres pendant plusieurs mois”, relate The Times. Il y a un an, les tests avaient tourné court après le crash du drone en fin d’un vol pourtant jugé concluant. “Ces tests pouvaient paraître banals, mais il s’agit bien là d’un véritable challenge”, souligne le site allemand du magazine Wired.

L’envergure d’un Boeing 737, le poids d’une voiture électrique

Le drone solaire a été développé à partir des plans de l’entreprise britannique Ascenta, spécialisée dans la fabrication de ce type d’appareil, rachetée il y a trois ans par Facebook. “Il atteint l’envergure d’un Boeing 737 tout en pesant le poids d’une voiture électrique” (environ 400 kg), rapporte The Times. Les ailes sont en fibre de carbone, plus résistantes que l’acier. “Une fois dans les airs, il ne devrait consommer que 5 000 watts, soit l’équivalent de trois sèche-cheveux”, précise le quotidien londonien. Dépourvu de train d’atterrissage, il est propulsé grâce à un chariot lorsqu’il a atteint la vitesse de 43 km/h. Dans les airs, il navigue automatiquement en cercles au-dessus de sa cible et diffuse de la 4G dans cette zone.

Après l’échec du premier atterrissage, Aquila a connu quelques améliorations. The Times rapporte que les ingénieurs de Facebook ont ajouté une centaine de capteurs, modifié le système de pilotage automatique et disposé des déporteurs sur les ailes, faisant office d’aérofreins. Ils travaillent également sur la technologie de radiodiffusion, qui pourrait transmettre un signal Internet sur un périmètre au sol de 95 km.

Concurrence aux ballons Google

Selon Wired, “Facebook devient ainsi le plus gros concurrent de Google”. Le géant du Web avait abandonné, au début de l’année 2016, un projet de drones solaires nommé Titan au profit des ballons solaires du projet Loon, actuellement en test en Nouvelle-Zélande.

Cela risque de prendre encore cinq ans avant que Facebook atteigne son objectif, peut-être même dix. Il reste encore des contraintes significatives, comme la trop courte endurance des batteries rechargeables, précise Owen McAree, expert en drones, interrogé dans The Times. Il s’agit vraiment d’un projet d’ingénierie impressionnant”, poursuit-il.