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Les voitures toutes électriques en 2040 en France, est-ce possible ?

18 Juillet 2017, 17:18pm

Publié par Grégory SANT

Il avait promis une "vision du long terme", il a tenu parole. Nicolas Hulot a annoncé jeudi 6 juillet "la fin de la vente" des voitures diesel et à essence d'ici 2040. A l'échelle politique, cela peut sembler très long: il y aura eu 4 élections présidentielles d'ici là. Mais 23 ans, ce n'est pas grand chose pour un changement de cette ampleur.

Alors certes, la voiture électrique a le vent en poupe ces dernières années. En 2016, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), il y avait 2 millions de véhicules électriques et hybrides dans le monde. Il y en avait quelques centaines seulement en 2005, rappelle Vox.

Pour autant, il faut bien comprendre que 99,8% des voitures qui roulent sont propulsées uniquement par un moteur à explosion aujourd'hui. Car oui, il y a environ 1 milliard de véhicules thermiques dans le monde.

Des analyses optimistes, mais pas trop

Evidemment, les voitures électriques vont prendre de plus en plus de place. Jusqu'à devenir la seule alternative? Peut-être, mais dans très, très longtemps. Et surement pas d'ici 2040, pour de nombreux experts.

L'AIE pari ainsi sur environ 200 millions de véhicules électriques d'ici 2030, soit 10% du parc automobile mondial. Pire, pour le pétrolier BP, les voitures électriques ne représenteront que 6% du marché en 2035. L'Ufip, le lobby français de l'industrie pétrolière, ne voit pas non plus le thermique disparaître de si tôt.

Une révolution imprévisible

Mais tout n'est pas perdu pour l'objectif de Nicolas Hulot, loin de là. Certains scénarios sont plus optimistes que ceux de BP et de l'Ufip, pas vraiment pressés de voir l'électrique supplanter le pétrole. A l'instar du groupe Bloomberg, qui estime que les voitures électriques représenteront 35% des ventes de nouveaux véhicules en 2040.

En imaginant que la France soit vraiment un pays pionnier, il n'est pas inenvisageable que la totalité des véhicules vendus sur le territoire soient électriques. Et certains vont même plus loin. Une étude récente de l'institut Grantham du Collège impérial de Londres pense que les précédentes estimations n'ont pas bien compris la révolution à venir, rapporte Vox.

Les chercheurs estiment ainsi que d'ici 2040, les voitures électriques représenteront plus de la moitié du marché mondial. Comment sont-ils arrivés à ce résultat? Simplement en prenant en compte deux choses. D'abord, la baisse de prix incroyable des batteries.

Car il faut bien voir que la plupart des experts font preuve de beaucoup de réalisme, voire de pessimisme. Par exemple, l'AIE n'imagine pas que le prix d'une voiture électrique passera sous les 30.000 dollars avant 2030. Pourtant, de nombreux constructeurs affirment le contraire, se basant notamment sur la chute du prix des batteries. De même, l'agence internationale avait totalement sous estimé l'explosion de l'énergie solaire et éolienne.

L'autre grande nouveauté prise en compte par cette étude, c'est l'Accord de Paris. Et plus précisément les engagements pris par les Etats du monde entier (sauf les Etats-Unis, la Syrie et le Nicaragua) à réduire leur production de gaz à effet de serre.

Interdire l'essence, une idée de plus en plus répandue

Car il ne faut pas oublier que les Etats jouent pour beaucoup dans l'adoption (ou non) des voitures électriques. L'AIE précise ainsi qu'il est "indéniable que l'évolution du marché est largement influencée par les politiques environnementales".

Et en parallèle de cette annonce au long terme, Nicolas Hulot a également promis une prime verte étendue aux véhicules d'occasions pour remplacer de vieux véhicules polluants. Sans compter bien sûr l'actuel bonus-malus.

L'Inde a mis en place une stratégie similaire. Le ministère de l'Energie a affirmé en juin vouloir arrêter la vente de véhicules à essence d'ici 2030. Pour cela, le pays va mettre en place des aides à l'achat de véhicules propres pour les prochaines années.

Si l'Inde et la France semblent bien seuls au monde, ce n'est pas vraiment le cas. Après tout, les Pays-Bas, l'Allemagne et la Norvège réfléchissent à bannir totalement les voitures à essence ou diesel d'ici 10 à 20 ans. De même que de grandes villes, comme Paris, Madrid, Athènes et Mexico.

Ce ne sont encore que des projets, mais il semblerait que de plus en plus de pays avancent tous dans le même sens. Quant à ceux qui ne se lancent pas dans de telles promesses, ils mettent tout de même en place de grosses aides pour l'achat de véhicules électriques. Comme la Chine, qui est devenu N°1 du secteur en 2016.

D'ailleurs, le ministère de l'Environnement précise qu'il souhaite que l'Europe dans son ensemble se positionne sur la fin des voitures thermiques d'ici 2040. La France compte également "réunir une coalition de pays pour promouvoir cet objectif".

Avec autant de carottes et de bâtons déployés, difficile de prédire à quelle vitesse ira le cheval-vapeur électrique d'ici 23 ans.

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