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J.E.D.I. une structure européenne face au DARPA US

9 Janvier 2018, 18:36pm

Publié par Grégory SANT

 
Le J.E.D.I. européen veut concurrence l'agence américaine Darpa.

Financer des projets non rentables à court terme mais qui, d'ici à 10 ans, changeront la face du monde. Voici la philosophie du projet J.E.D.I. (l'acronyme signifie Joint European Disruptive Initiative), une initiative franco-allemande qui fédère depuis cinq mois plusieurs entreprises et institutions, et dont le lancement pourrait être formalisé le 22 janvier, à l'occasion des 55 ans du traité de l'Élysée. Ce projet d'agence pour l'innovation de rupture rassemble des personnalités aussi différentes que le président du Cnes Jean-Yves Le Gall, le directeur de la recherche technologique du CEA Stéphane Siebert, le PDG d'Airbus Defense and Space Dirk Hoke, ou encore Guillaume Poupard, le numéro un de l'Anssi, l'agence de lutte contre les cyberattaques.

Parmi les soutiens figurent également Yannick Assouad, le directeur général de Latecoere, Hervé Guillou, le créateur de Naval Group, l'ancien responsable des Forces spéciales Christophe Gomart, l'ancienne ministre de la Recherche Claudie Haigneré, tout comme les organismes de recherche allemands Fraunhofer-Gesellschaft, l'état-major de l'institut de recherche français en informatique Inria, ou encore celui du Deutsches Zentrum für Luft- und Raumfahrt (DLR), un organisme basé outre-Rhin et spécialisé dans la recherche aéronautique.

Immense opportunité

Ses promoteurs aimeraient doter cette agence d'un fonds d'investissement d'un milliard d'euros pour que les géants des technologies ne soient plus uniquement chinois ou américains. « Pour que l'Europe rebondisse, J.E.D.I. peut s'inspirer du fonctionnement de la Darpa, une agence américaine créée par le département de la Défense américaine en réaction au lancement du satellite russe Spoutnik, et qui, depuis sa naissance en 1958, a permis le développement du GPS, de l'ancêtre d'Internet Arpanet ou encore de l'exosquelette XOS », explique un de ses promoteurs, le créateur du fonds de capital-risque Acapital André Loesekrug-Pietri.

Ce dernier a notamment été motivé par la montée en puissance des entreprises technologiques dans le monde. Ainsi, en 2014, trois des dix premières capitalisations mondiales concernaient Apple, Microsoft ou encore Google. Trois ans plus tard, c'était le cas de sept entreprises sur dix : Amazon, Facebook et les chinois Alibaba et Tencent ayant rejoint ce top 10.

« Il y a une immense opportunité – car les cartes technologiques sont rebattues sans cesse –, mais aussi une urgence absolue pour la France et pour l'Europe d'agir très vite et de se donner des moyens considérables pour ne pas se laisser distancier irrémédiablement », poursuit André Loesekrug-Pietri. Si son lancement est confirmé, J.E.D.I, qui veut essentiellement financer des projets civils, peut également compter sur le soutien du député mathématicien médaillé Fields Cédric Villani, de l'entrepreneur Laurent Alexandre, tout comme du DSI de l'État Henri Verdier. L'organisme pourrait, parmi ses premiers chantier

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