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Le consentement mutuel inscrit dans la blockchain

22 Janvier 2018, 19:55pm

Publié par Grégory SANT

Une entreprise hollandaise propose une nouvelle application pour obtenir un consentement explicite avant une relation sexuelle par un contrat enregistré sur l’appli. Ce sont trois Néerlandais qui ont eu cette idée novatrice après les révélations qui ont suivi l’affaire Weinstein. L’application LegalFlings veut résoudre une partie du problème engendré par cette affaire.

La firme veut se spécialiser dans les contrats dématérialisés. Une fois l’application téléchargée, l’utilisateur devra lister les pratiques qu’il accepte ou non et avec qui. Le titulaire de l’appli devra être majeur.

Une fois le consentement déposé sur la Blockchain, cet accord sera à la fois enregistré, protégé et crypté.

La Blockchain, c’est quoi ?

On entend par Blockchain une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée et   fonctionnant sans organe central de contrôle. Elle constitue une base de données qui contient l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création. Toute modification est détectable par tous.

Le problème majeur c’est que la chaîne ne distingue pas les modifications faites légitimement ou illégitimement. De plus, une fois qu’une transaction est inscrite dans la chaîne, elle y reste pour toujours. Une fois que les deux personnes auront validé leur accord sur Legalflings, cet accord sera toujours traçable grâce à la Blockchain.

Sur le plan juridique, le consentement doit être continu même au moment de l’acte et non pas seulement avant l’acte.

Un atout ou une plaie

À première vue, le consentement ici est perçu comme un fait ponctuel. Pourtant, une personne peut se désister à n’importe qu’elle instant, même au moment de l’acte. Si l’autre personne n’y prête aucune attention, il y aura agression.

L’application ne prend pas en compte la dimension continue du consentement. Néanmoins, les concepteurs de l’outil espèrent que leur application réduira le risque d’agression sexuelle.

Le site Complex rappelle les propos que l’auteur féministe Jaclyn Friedman concernant les applications portant sur le consentement dans les colonnes de Lifehacker : « Ces applications renforcent l’idée que le consentement est irrévocable une fois donné. »

Ce n’est pas la première application qui veut essayer de gérer le consentement.   Va-t-on vers la banalisation ce genre d’application ?

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