Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Nos vêtements vont devenir intelligents, communicants et...soignants-1

2 Avril 2008, 20:25pm

Publié par Grégory SANT

Altivis est une société de conseil auprès des collectivités territoriales et des entreprises de haute technologie dans les domaines de la prospective, de la stratégie, de l’innovation, des nouvelles technologies de l’information et de l’aménagement du territoire. Altivis a été créée par M. René Trégouët, Sénateur honoraire du Rhône. En savoir plus

Depuis quelques années, nos vêtements sont devenus plus confortables et plus légers, grâce aux nouvelles fibres synthétiques mais une autre révolution technologique a commencé et demain nos vêtements vont devenir communicants et même...soignants ! Grâce à ces "vêtements intelligents (ou "wearable computing"), le Net sera bientôt accessible directement depuis notre veste et un écran LED (à diodes électroluminescentes) sur notre tee-shirt pourra diffuser nos messages lumineux personnels ? Ce scénario, digne d’un film de science-fiction est imminent, explique le New Scientist. Les géants des télécoms ou de l’électronique, tels BT, Philips ou Kyocera, s’intéressent de près à nos vêtements.

Après les textiles intelligents qui hydratent, massent ou réchauffent, les vêtements sont en train de franchir une nouvelle étape grâce aux technologies de l’information. C’est le mariage inédit de l’industrie des télécoms et de l’électronique avec celle de la mode. En collaboration avec le laboratoire de recherche GEMTEX, la société française NJTEC a lancé, en 2006, la première ligne mondiale de vêtements intelligents et communicants. Cette collection se compose d’une trentaine de modèles, la plupart en jean, pour hommes et femmes, tous dotés d’un écran souple sur lequel il est possible de faire défiler les messages de son choix.

De fait, la légèreté et la mobilité de nos gadgets électroniques, téléphones portables, assistants personnels, baladeurs, ont rapproché ces deux secteurs qui a priori s’ignoraient. C’est ainsi qu’un partenariat de recherche qui s’est noué entre le London College of Fashion (LCF), un établissement de formation et de recherche consacré à la mode et au textile, et le groupe de télécoms britannique BT. L’idée est de parvenir à intégrer les fonctions d’un baladeur au vêtement lui-même. Un pas a déjà été franchi avec l’apparition de blousons de ski dont la manche est équipée d’une télécommande pour l’iPod. Désormais, c’est l’objet lui-même qui doit disparaître, ou plutôt se fondre dans les fibres du tissu.

Jusqu’à présent, les câbles ou les puces en métal intégrés aux vêtements avaient un ennemi redoutable : le lave-linge. Mais de récentes innovations permettent d’innerver les fibres des vêtements de conducteurs électroniques en plastique, qui ne se corrodent pas. Ces avancées vont permettre à nos vêtements d’intégrer une multitude de puces électroniques et d’écran plats et souples qui nous permettront en tout lieu de visualiser nos mails, photos et vidéos et d’écouter nos morceaux de musique préférés.

Fin 2004, une entreprise textile de Los Angeles, Nyx, lançait le premier blouson à écran souple. Côté pile ou côté face, le vêtement peut afficher des messages animés et sonores conçus par son propriétaire, grâce à la connexion de l’écran à un assistant personnel (PDA) ou à un téléphone portable intégrant ces fonctions (smartphone). Cerise sur le gâteau, le blouson Nyx peut aussi se connecter à Internet. Le groupe Adidas a lancé cette année aux Etats-Unis des chaussures de sport équipées d’un processeur de 20 MHz qui adaptent leur performance et leur confort à l’allure et à la nature du sol.

Mais les vêtements des années 2010 ne sauront seulement nous distraire ou nous permettre de communiquer. Ils sauront également veiller sur notre santé. Isabelle Chartier, physicienne au Commissariat à l’énergie atomique de Grenoble et son équipe travaillent à destination des personnes âgées « sur l’intégration dans des vêtements de capteurs comme des accéléromètres et des magnétomètres. Ils permettent de mesurer la position et l’activité d’une personne. Cela peut être appliqué à la détection des chutes ou à l’inactivité suspecte par exemple ».

De tels équipements, qui activent un système d’alerte dès qu’une situation anormale est décelée, pourraient faciliter le maintien à domicile de personnes faiblement dépendantes. Reste à mettre au point l’authentique tissu intelligent, celui qui se passerait d’électronique embarquée et dont la fibre elle-même serait capteur. Cette étoffe ultime viendra peut-être de la petite bourgade ardéchoise de Saint-Julien-en-Saint-Alban. Didier Dieppois, un ingénieur de l’entreprise Payen, spécialisée dans l’élastique, a inventé le Pagatronic, un fil capteur qui se tisse avec la fibre. « Il est fabriqué à partir d’un polymère thermoplastique recouvert d’une couche d’argent déposée sous vide. Il est ensuite guipé, c’est-à-dire torsadé, sur une âme élastomère sous tension », explique le chercheur.

Grâce à sa composition métallique, le Pagatronic conduit le courant. Et comme il est élastique, il peut se déformer, ce qui perturbe la circulation de l’électricité, créant un signal mesurable. Le tissu peut détecter le moindre mouvement. « Si je pose un doigt dessus, je le déforme, donc je modifie le signal », précise Denis Dieppois. Les données sont recueillies sur un boîtier électronique qui, selon les besoins, peut les stocker ou les transmettre. Reste à les analyser, pour corréler la déformation du textile au phénomène à mesurer. Le Pagatronic est en cours d’évaluation au sein du programme Caphytex, financé par le ministère de la Recherche, pour la mesure des variations du volume de la cage thoracique, notamment chez des patients insuffisants respiratoires.

Source : www.altivis.fr

Commenter cet article