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La prise en main des nouveaux mobiles chez les adolescents -1

17 Juin 2008, 20:46pm

Publié par Grégory SANT

Et si la réalité était déjà augmentée, et l’informatique déjà omniprésente ? C’est un peu ce qui ressort de l’observation ethnographique menée auprès d’adolescents par le Groupe de recherches interdisciplinaires sur les processus d’information et de communication (Gripic, le Groupe de recherche de l’Ecole des hautes études en science de l’information et de la communication, le Celsa) pour le compte de l’Association française des opérateurs mobiles (Afom).

Le coup de la “panne”

“Si les pratiques des jeunes paraissent plus fluides aux adultes, c’est moins en raison de leur expertise que parce qu’ils entretiennent une relation dédramatisée avec les objets de technologie. Ce qui départage les “technophiles” de ceux qui ne le sont pas, c’est moins l’évidence de l’accès au dispositif ou les compétences techniques que la façon de vivre les échecs ou les petites défaillances techniques.”

Ceux qui ont déjà tenté d’aider une personne âgée, ou peu au fait des subtilités des ordinateurs et de l’internet savent à quel point le principal obstacle à l’appréhension d’une technologie n’est pas l’outil en tant que tel, mais la probabilité de l’utilisateur à être déstabilisé, voire paniqué lorsqu’il “doit” l’utiliser : “mais pourquoi faut-il cliquer sur “démarrer” pour éteindre un ordinateur sous Windows ? Et si j’utilise Google, je n’ai plus besoin de Firefox ?”, sans oublier ceux qui confondent les barres d’adresse URL et de recherche des navigateurs, ou qui entrent l’URL dans le formulaire d’un moteur de recherche, etc.

Le mobile réinventé par ses utilisateursLes plus débrouillards, eux, ne “doivent” pas : ils s’y mettent, tout simplement, même s’ils ne comprennent pas comment cela fonctionne, ni ce que l’on peut en tirer. Ainsi, pour le Gripic, les mobiles ne sont pas tant un “couteau suisse” qu’une “panoplie augmentée”, “un objet qui se métamorphose, tour à tour appareil photo, agenda électronique, machine à écrire, console de jeux, que les utilisateurs réinventent entre leurs mains”.

Dès lors, et au vu du nombre de fonctionnalités proposées, “le mobile requiert chez son utilisateur une forme d’hypermaîtrise” faisant de lui un “véritable petit ingénieur en télécommunications” - même sans aucune compétence technique.

Et même les plus aguerris peinent avec le degré croissant de complexité. Ce qui n’empêche nullement les novices d’apprendre très rapidement, telle Pierrette, 75 ans, “généralement catastrophée quand on l’appelle sur son portable, (mais qui) parvient à l’éteindre en un tour de main quand il sonne au milieu de la messe”.

Moralité : on ne peut être connecté que si l’on n’a pas peur des ratages ni du bidouillage. Avant, il fallait apprendre. Aujourd’hui, il faut expérimenter. L’usage ne vient plus à la suite d’un apprentissage, il lui est consubstantiel.

Par Jean-Marc Manach
Source :
internetactu.net
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