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L'homme augmenté

3 Juillet 2008, 19:20pm

Publié par Grégory SANT

Parmi les résultats attendus, il y a « l’amélioration de l’efficacité au travail et de l’apprentissage, l’augmentation des capacités sensorielles et cognitives individuelles, des processus de fabrication radicalement nouveaux et produits de qualité supérieure, des changements révolutionnaires dans les soins, une amélioration de l’efficacité individuelle et de groupe, une haute efficacité des techniques de communication incluant l’interaction cerveau à cerveau, des interfaces human-machine perfectionnées incluant l’ingénierie neuromorphique pour l’usage industriel et personnel, une augmentation des performances humaines à des fins de défense, parvenir à un développement durable grâce aux moyens de la convergence NBIC et l’amélioration du déclin physique et cognitif qui caractérise l’esprit (mind) âgé ».

Mais comment comprendre la notion d’« amélioration » ou d’« augmentation » ? Comment les experts du rapport définissent-ils ces notions ? James Canton, de l’Institute for Global Futures (San Francisco), définit ainsi l’amélioration des performances de l’humain : « Pour qui a subi une altération physique, la définition [de l’amélioration] pourrait comporter un gain de capacité de vision ou de mobilité. Pour une personne âgée, elle pourrait impliquer un accès à sa propre mémoire. Encore plus audacieuse, la définition de l’amélioration humaine pourrait conduire à doter les gens de capacités avancées de rapidité, langage, habiletés ou bien de force supérieures à celles des humains aujourd’hui » (17).

 

 



Voici donc très clairement ouverte la voie vers la notion d’humain « amélioré ». En particulier, sa nécessité est perçue comme évidente dans le domaine militaire pour lequel « l’humain est devenu le chaînon le plus faible, d’un point de vue autant physiologique que cognitif », selon Michael Goldblatt, de la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) (18). C’est pour cette raison que le DARPA a récemment commencé à explorer les possibilités d’augmentation de la performance humaine pour augmenter le pouvoir léthal et l’efficacité du combattant de guerre en fournissant des capacités super physiologiques et cognitives. Cela du fait que « les systèmes militaires sont limités dans leur performance par l’incapacité du corps humain à tolérer des hauts niveaux de température, d’accélération, de vibration ou de pression ou bien par les besoins humains en air, eau et en nourriture » (19).

Le projet d’un « amplificateur humain » conçu en 1964 par les Laboratoires aéronautiques de Cornell pour le ministère de la Défense américain, une des premières tentatives de donner vie à un cyborg, se reflète dans la version plus récente d’un guerrier du futur, nouveau nanocyborg combattant.

La nouvelle – ou ancienne – utopie de la convergence NBIC est que l’amélioration de l’individu pourrait conduire à une amélioration sociale : « Sur le long terme, le développement des machines intelligentes pourrait conduire à un âge d’or de prospérité non seulement dans les nations industrialisées, mais aussi à travers le monde », écrivent Gregor Wolbring (Université de Calgary) et Reginald Golledge (université de Caifornie, Santa Barbara) (20). Pour le bien-être du monde et des nations l’amélioration de l’humain est donc le défi fondamental. Et l’utopie de l’amélioration s’accompagne de l’utopie de la communication : si la convergence technologique, en perfectionnant les interactions directes de la machine avec le cerveau humain, rend possible l’échange d’information à tous les niveaux, alors la création d’un système universel de communication pourra voir le jour. C’est l’avènement du « Communicateur » (« Communicator »), défini comme « un système de support technique "intelligent" et multifacettes qui compte sur le développement des technologies convergentes pour aider l’amélioration de la communication de la collectivité humaine dans une large variété de situations, en incluant des rencontres (formelles ou informelles), des échanges sociaux, des collaborations au travail, des situations réelles ou d’entraînement à la bataille et des séances éducatives ».

Source : vivantinfo.com

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