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"Concept Room" Opus 2 : la chambre d'hôpital du futur

27 Mai 2013, 16:52pm

Publié par Grégory SANT

 

 Responsables du CHRU de Lille, du Clubster ou d'Eurasanté mobilisés autour de ce projet commun.

 

La chirurgie est souvent une affaire de fils. À défaut de faire sauter les sutures, la chambre d'hôpital du futur fait disparaître les câbles qui relient le patient aux appareils. C'est l'une des innovations de l'opus 2 du « Concept room », fruit du travail en commun d'une trentaine d'entreprises d'Eurasanté. Les premières retombées arrivent.

En mai 2012, le premier jet de la « chambre d'hôpital du futur » voyait le jour, fruit du travail commun de trente entreprises de la région, membres du Clubster Santé. L'objectif : se regrouper autour d'un produit commun plutôt que de disparaître, car n'étant pas de taille à résister à la massification des achats hospitaliers.

La première mouture avait pour particularité centrale un fauteuil-lit ergonomique, à la fois brancard et table d'intervention. Il y a un peu plus de deux mois, les grands principes de l'opus 2 du « Concept room » avaient été dévoilés. À commencer par le but recherché : fournir un outil aux établissements de santé qui souhaitent faire décoller l'hospitalisation en ambulatoire : 36 % des interventions en France contre 79 % au Royaume-Uni. Des interventions chirurgicales où entrée et sorties se font dans la journée : mieux pour le patient et surtout pour les comptes de l'hôpital.

Plus de fils

Mercredi, quelques jours avant les Salons de la santé et de l'autonomie, une démonstration de la principale nouveauté de la version 2 a été présentée. Pour optimiser l'organisation du personnel soignant, il a fallu lui simplifier la tâche. « Qu'est-ce qu'on est enquiquiné par les fils », s'exclame le Dr Marc Broucqsault, le vice-président du Clubster Santé. Solution radicale : il n'y en a plus, remplacés par une transmission radio des données vitales du patient. Pouls, saturation en oxygène, sont mesurés par trois dispositifs redondants : un bracelet (équipé d'une puce RFID pour tracer le parcours de la personne)  créé par l'agece de design All-Trends, les accoudoirs du fauteuil-lit, et une caméra infrarouge qui mesure le rythme cardiaque par la détection d'infimes variations de la couleur de la peau. Des dispositifs qui ne sont pas des révolutions technologiques, mais dont l'intégration est, elle, inédite.

Ce qui l'est plus encore, c'est que ce dispositif s'intègre dans l'espace global des soins et le parcours imaginé par le projet de « Concept room », depuis l'espace d'accueil et de prise en charge jusqu'à la zone de rétablissement et de sortie, en passant par la zone d'intervention et de surveillance. Les innovations sont partout : des toilettes escamotables autonettoyantes au contrôle sur écran des données du patient, en passant par l'identification des instruments de chirurgie.

Le prototype, c'est une chose. Mais déjà, 6 millions d'euros de chiffre d'affaires ont été générés par les entreprises associées autour de ce projet. «  C'est du concret », insiste Étienne Vervaecke, le directeur général d'Eurasanté. Fin avril, la société Clinifit a été créée afin d'industrialiser mais aussi de commercialiser le « Concept room » ou ses éléments. Sa force de frappe commerciale lui permet de prospecter dans 43 pays. Des éléments du « Concept room » sont déjà en phase de commercialisation. Le fauteuil-lit entrera en phase d'homologation à la fin de l'été. Mais l'enjeu, c'est d'équiper des établissements, soit pour de la construction neuve, soit pour de la réhabilitation. Des touches sérieuses existent avec la Belgique, l'hôpital américain de Neuilly et même un établissement des Émirats Arabes Unis.

Source : lavoixdunord

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