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L'art du Chindogu arrive en France

3 Juin 2013, 18:16pm

Publié par Grégory SANT

Chindogu
Kenji Kawakami ©

L'art du Chindogu débarque en France. Le concept, imaginé dans les années 80 par le Japonais Kenji Kawakami, consiste à créer un objet pour répondre aux difficultés de la vie quotidienne, mais qui sont inutilisables. Mélange de dérision, d'humour et d'anarchie, ces inventions ratées ont été présentées à la Foire de Paris cette année.

En se promenant dans les allées de la Foire de Paris cette année, l'on a pu entendre des éclats de rire et des commentaires étranges en provenance du pavillon 2. A l'origine de ces réactions, l'exposition "Le monde insolite des Chindogu", qui a fait découvrir pour la première fois aux Français les créations saugrenues d'un concepteur tout aussi loufoque, le japonais Kenji Kawakami.

Ingénieur et inventeur, mais aussi un peu artiste, Kawakami a crée dans les années 80 le concept de Chindogu, qui pourrait se traduire du japonais par "instrument rare". Derrière le mot, se cache une notion difficile à définir, qui se rapproche du dadaïsme par sa dérision, et qui critique ouvertement le système consumériste japonais. "Les Chindogu sont des objets utiles que l'on pourrait adorer, mais qui s'avèrent finalement impossibles à utiliser" explique Jean-Christophe Lecocq, inventeur et directeur de Polymonde, interrogé par Maison à part.

Inutilisables, anarchiques et drôles

Pour définir la philosophie du Chindogu, l'ambassadeur français de ce concept insolite, qui est à l'origine de l'exposition à la Foire de Paris, renvoie vers les "10 commandements" (voir page suivante) de Kenji Kawakami. Inutilisables, trop difficiles à dupliquer, anarchiques et drôles, les Chindogu ne doivent être ni brevetés ni vendus.

Chindogu
Kenji Kawakami ©

Parfois ubuesque, souvent fantasmagorique, le Chindogu n'est toutefois pas un objet inutile. Certes, il s'avère peu pratique à l'utilisation. Mais, à l'origine de sa création, il y a toujours un petit inconvénient de la vie quotidienne auquel l'on cherche une solution. "Il faut l'avoir fabriqué, le poser, tenter de s'en servir, pour réaliser que ce n'est pas une invention géniale mais un Chindogu", explique Jean-Christophe Lecocq. Les pantoufles avec balayette intégrée, le casque avec porte-livre, le ventilateur pour aliments fixé sur les couverts ou la cuillère télescopique pour atteindre le fond du bocal en sont quelques exemples.

Une idée géniale pour une invention ratée

L'aspect humoristique de l'objet est également essentiel. "On doit pouvoir imaginer le sourire de la personne qui découvrira le Chindogu" ajoute Jean-Christophe Lecocq. A mi-chemin entre l'invention ratée et l'œuvre controversée, le Chindogu est finalement une création unique par définition, à la dérision totalement assumée.

Si le concept fait écho à la société de consommation japonaise, il s'importe depuis peu en France, où Jean-Christophe Lecocq vient de créer l'Académie française de Chindogu. La première exposition des inventions loufoques "à la française" doit avoir lieu lors de la Foire de Marseille, en septembre prochain.

Pour en savoir plus sur l'Académie française de Chindogu : www.expochindo

 

Source : maisonapart.com

 


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