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Le patron de Geely n'aime pas le design scandinave de Volvo

20 Janvier 2014, 22:44pm

Publié par Grégory SANT

Li Shufu, le patron de Geely, actionnaire à 100% de Volvo depuis 2010, estime que le design intérieur des modèles du constructeur suédois n'est pas adapté à l'idée que le client chinois se fait du luxe. Li Shufu, le patron de Geely, actionnaire à 100% de Volvo depuis 2010, estime que le design intérieur des modèles du constructeur suédois n'est pas adapté à l'idée que le client chinois se fait du luxe. © DR

 

 

L'histoire de Volvo offre quelques indications sur ce qui pourrait attendre le français PSA en faisant entrer Dongfeng dans son capital. Même s'il y a une différence de taille : Volvo est détenu à 100 % par Geely. En 2010, ce constructeur dont les marques sont inconnues en Occident (Geely, Gleagle, Emgrand et Englon), avait payé 1,8 milliard de dollars pour reprendre l'entreprise à l'américain Ford. Volvo passait ainsi dans le giron d'un constructeur ambitieux, prêt à investir de gros moyens dans une marque qui souffrait des difficultés de ses deux grands marchés, l'Europe de l'Ouest et les États-Unis.

Geely a accepté que son investissement ne porte pas immédiatement ses fruits. Les effectifs sont restés stables, autour de 22 000 salariés, au moment où Volvo Car Group enchaînait les pertes et les déconvenues au niveau des ventes, du second semestre 2011 au premier semestre 2013.

Design trop scandinave

La Chine a dépassé les États-Unis à partir de septembre comme premier marché de la marque. La Banque chinoise du développement est devenue le premier créancier. En fin d'année, la production a démarré dans les deuxième et troisième usines chinoises de Volvo. En même temps, il obtenait le droit d'enchérir dans les marchés publics.

Pourtant, le très franc patron de Geely, Li Shufu, laissait entendre que la transformation n'était pas encore allée assez loin. "Volvo a une faiblesse et c'est le design. L'intérieur des voitures ne donne pas l'impression du luxe. Il a l'air trop scandinave. Ils ne se sont pas adaptés à la perception du luxe par les Chinois", disait-il en avril à la télévision suédoise SVT. Du côté de Göteborg, le berceau de la marque, on a toujours affirmé sa fidélité à la tradition plutôt familiale et sécuritaire des designers Volvo, que la revue américaine Autoweek a qualifiée de "minimalisme européen (...) respirant l'autorité".

Samedi, Li Shufu a tenu à couper court aux spéculations sur des tensions. "La direction, emmenée par le directeur général Håkan Samuelsson, a mon entière confiance", a-t-il dit au quotidien économique suédois Dagens Industri. Le journal, bible des milieux d'affaires suédois, a salué ces déclarations dans un éditorial intitulé : "Enfin il parle d'une voix claire". "Le luxe peut être autre chose que le bling-bling et la frime", soulignait-il.

Source : lepoint.fr

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