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Les innovations qui vont changer notre avenir

13 Janvier 2015, 18:01pm

Publié par Grégory SANT

L'innovation numérique ne provient pas seulement de la Silicon Valley. En Europe, en Israël, en Corée, mais aussi, de plus en plus, dans les pays émergents, des universités, des laboratoires privés ou des entreprises inventent des produits ou des logiciels avec la même ambition qu'un Google ou un Apple : changer le monde. C'est pour mieux décrypter et mettre en avant ce foisonnement que, depuis 2007, l'Observatoire Netexplo recense et récompense chaque année les innovations les plus marquantes. Il s'appuie pour cela sur un réseau d'experts de 12 universités, dans autant de pays, chargés de repérer les « pépites » de demain. Le résultat est un catalogue comprenant 100 initiatives dans à peu près tous les domaines. Les dix jugées les plus prometteuses, qui seront dévoilées ce matin, seront ensuite soumises au vote des internautes avant la remise des prix, le 4 février prochain au siège de l'Unesco, à Paris.

Aux côtés d'une application de suivi des malades d'Ebola, d'un programme de reconnaissance des équations sur smartphone, d'une application analysant les déplacements des cyclistes pour conseiller les aménageurs urbains ou d'un logiciel détectant les difficultés d'apprentissage, voici une sélection des inventions primées cette année.

Un boîtier ou des baguettes pour analyser les aliments

Sera-t-il un jour concevable de manger un fruit ou un morceau de fromage sans en avoir au préalable analysé la composition chimique ? Ce genre de procédé, jusqu'à présent réservé aux scientifiques ou aux industriels de l'agroalimentaire, tient désormais dans un appareil pas plus gros qu'un briquet : le SCiO, conçu par la start-up israélienne Consumer Physics, analyse la composition moléculaire d'un aliment grâce à la spectroscopie proche infrarouge. L'appareil projette un mince faisceau lumineux puis analyse la lumière réfléchie. « Cette méthode d'analyse est basée sur les vibrations spécifiques produites par chaque type de molécule qui, en réagissant à la lumière, créent une empreinte optique unique », explique Dror Sharon, cofondateur de Consumer Physics et ancien étudiant du Technion. Connecté à un smartphone, le SCiO envoie cette empreinte optique à une base de données qui la compare et renvoie les informations. La jeune entreprise israélienne, qui emploie une soixantaine de personnes a déjà récolté 2,8 millions de dollars sur le site Kickstarter et reçu via son site 13.000 précommandes du SCiO.

Dans le même esprit, le Forum Netexplo a distingué cette année des baguettes connectées développées par le géant chinois des moteurs de recherche Baidu. Grâce à différents capteurs, les « smart chopsticks » Kuaisou sont capables d'estimer si des huiles frelatées ou d'autres ingrédients dangereux ont été utilisés dans la préparation des aliments. Dévoilées en septembre dernier par le PDG de Baidu, Robin Li, les baguettes sont encore en phase de développement.

Une imprimante 3D low -tech 

Les imprimantes 3D vont-elles se déployer dans les cybercafés africains ? C'est l'objectif de l'architecte togolais Sénamé Koffi Agbodjinou, qui a imaginé une imprimante conçue à partir des déchets technologiques qui envahissent le continent. Appelée W. Afate, du nom de son inspirateur, cette imprimante 3D low cost a été produite à dix exemplaires à partir des plans fournis en « open source » par le projet britannique RepRap. L'équation économique n'est pourtant pas simple à résoudre et le recyclage a ses limites. « Pour une imprimante 3D, l'achat d'une carte électronique est indispensable. C'est aussi souvent le cas pour les moteurs. Si bien que la facture peut s'élever jusqu'à 400 euros », explique Sénamé Koffi Agbodjinou. De plus, leur vente est délicate en raison des risques de procès qui pourraient être intentés par les fabricants de pièces réutilisées. « Nous cherchons plutôt à placer ces machines dans les cybercafés, très fréquentés en Afrique, pour voir si ce type de service suscite un intérêt. » Une nouvelle version plus industrielle de la W. Afate est en cours de développement.

Slack révolutionne le travail en équipe

Comment faire travailler ensemble des salariés qui utilisent un nombre croissant d'outils informatiques différents ? Avec la montée en puissance des applications mobiles, du « cloud computing » et du « bring your own device » (utilisation d'outils personnels pour des tâches professionnelles), la question devient d'une incroyable complexité. La start-up Slack y apporte une réponse simple et facile d'accès : elle associe un service de communication instantanée et de nombreux outils utilisés par les salariés pour communiquer et échanger des documents. Compatible avec Twitter, Google Drive ou Dropbox, Slack est accessible sur de multiples plates-formes (iOS, Android, navigateurs Web, etc.), et un moteur de recherche permet d'accéder rapidement aux contenus partagés. Mais sa grande force est son organisation par équipes de travail, qui restreint les échanges aux seules personnes concernées. Lancé en février 2014 par Stewart Butterfield, déjà à l'origine du site d'échange de photos Flicker, Slack a connu un succès impressionnant aux Etats-Unis. Il revendique déjà 365.000 utilisateurs quotidiens répartis dans plus de 45.000 équipes, dont 100.000 payants (la version premium est facturée 6,67 dollars par mois). Le « Wall Street Journal », Airbnb, mais aussi Sony ou Dell l'ont déjà adopté.

Quand la chaleur du corps devient source d'énergie

Si l'on en croit les gourous du « wearable computing », nous porterons bientôt en permanence de multiples objets connectés (montres, lunettes, tee-shirts, chaussures, etc.). Mais comment les alimenter ? La solution viendra peut-être d'un des laboratoires du Kaist, l'institut supérieur coréen de sciences et de technologie. Byung Jin Cho, professeur au département d'ingénierie électrique, y a développé un capteur qui transforme la chaleur du corps en électricité. « Nous utilisons des matériaux qui génèrent un courant électrique à partir de la différence de température entre leurs extrémités, que nous avons réussi à encapsuler dans de la fibre de verre pour les rendre très fins, très souples et très légers », explique le chercheur.

Semblable à un sparadrap, le Wearable Thermo Element exploite la différence entre la température du corps et l'air extérieur. « En situation normale, il génère assez d'énergie pour alimenter un bracelet connecté et pour doubler son autonomie entre deux charges. Mais il faudra encore l'améliorer pour pouvoir recharger un smartphone avec », explique Byung Jin Cho. Après cinq ans de développement, les premiers tests d'un prototype préindustriel doivent démarrer dans moins de trois mois.

Les vieux smartphones au secours de la forêt

Récupérer les mobiles usagés pour protéger les arbres menacés : c'est l'idée centrale du projet Rainforest Connection, dont l'ambition est de lutter contre la déforestation illégale en entravant l'action des braconniers. « L'intérêt, c'est d'agir en temps réel avant que le mal soit fait. Après, c'est trop tard », résume Topher White, un des promoteurs. Désossés, les vieux smartphones sont dotés de petits panneaux solaires et d'un logiciel permettant d'écouter les bruits environnants pour détecter les plus suspects - en premier lieu celui des tronçonneuses. L'alerte est alors transmise à un système central qui la répercute aux gardes forestiers les plus proches. Testé avec succès à Sumatra (Indonésie), le système a montré qu'un seul smartphone suffisait à surveiller au moins 3 kilomètres carrés. Il est aujourd'hui déployé avec une trentaine d'appareils dans une forêt du Cameroun.

Source : lesechos.fr

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