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Paris Region Lab : la végétalisation innovante

12 Septembre 2014, 17:08pm

Publié par Grégory SANT

crédits : Anthios

En 2013, La Ville de Paris s’est associé au Paris Région Lab pour lancer un appel à projets dédié à la végétalisation innovante. Elle invitait les entreprises et associations à venir expérimenter en grandeur nature leurs solutions expérimentales dans les domaines de la biodiversité, de l’agriculture urbaine et de l’adaptation de la ville au changement climatique.

En leur proposant de tester leurs prototypes dans l’espace public et sur les bâtiments, pendant une durée pouvant atteindre 3 ans, Paris se veut devenir un laboratoire à ciel ouvert pour imaginer, tester et développer les innovations qui transformeront la ville. 

 

Adrien Bénard

Parmi les 30 lauréats de cet appel à projet, Adrien Bénard, créateur de l'entreprise Anthios, s'est mis en tête avec son projet "Très mousse !" d'introduire la mousse dans la palette végétale urbaine. A l'occasion de son passage à la Fête des Plantes d'automne à Saint-Jean-de-Beauregard les 26, 27 et 28 septembre prochains, il évoque pour nous son projet en cours à Paris.

 

 

 

Votre projet « Très Mousse ! » a été retenu par la Ville de Paris. Il sera notamment expérimenté dans l’espace urbain parisien. En quoi consiste-t-il et quelle en est la genèse ?


J’ai commencé à m’intéresser aux mousses végétales en 2009. J’ai créé Aquaphyte, une société qui commercialise des décorations végétales inspirées de l’art japonais du Kokedama, qui utilise de la mousse. Cette dernière était alors récoltée dans les forêts françaises. Mais je me suis rendu compte que ce prélèvement n’était pas durable : une trop grande quantité de mousse était prélevée toujours aux mêmes endroits, modifiant ainsi le biotope – la mousse accueille en effet une microfaune et une microflore très importantes. J’ai alors décidé de cultiver ma propre mousse. Le lancement de l’appel à projets de la Ville m’a incité à étudier l’intérêt de son implantation en milieu urbain. C’est ainsi qu’est né « Très Mousse ! ».

 
Quels sont les avantages de l’introduction de mousses en milieu urbain ?


La mousse possède de nombreuses qualités. Tout d’abord, elle ne nécessite aucun entretien. Ensuite, elle capture les particules, émises par les gaz d’échappement notamment, qui sont biodégradées par la microfaune qu’elle abrite. Et en plus d’œuvrer contre la pollution de l’air, elle atténue également la pollution sonore. Par ailleurs, elle retient les premières eaux de pluie, ce qui évite l’engorgement des réseaux d’évacuation d’eaux pluviales. Enfin, elle contribue à diminuer les îlots de chaleur et, comme elle n’a pas de racines, elle est très légère. On peut donc facilement recouvrir les façades et les toitures, notamment dans le bâti ancien.


Concrètement, que verrons-nous dans Paris ?


À ce jour, nous avons réalisé un graffiti représentant un jardinier dans un jardin collectif situé à proximité de la porte de la Chapelle (18e). Nous en avons réalisé un autre dans un centre d’accueil pour personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, dans le même quartier. Nous testons également le système de colonisation dans le cimetière de Pantin (93) : il s’agit d’implanter un échantillon de mousse, et de le laisser se développer. À terme, l’affichage sera aussi utilisé. Les indications concernant les lieux ou les directions seront inscrites en mousse. Et pour illustrer l’habillage du mobilier urbain, nous avons réalisé une robe en mousse que pourront essayer les Parisiennes !


Votre projet sera présenté à travers un jardin éphémère les 26, 27 et 28 septembre à Saint-Jean-de-Beauregard. Que verra-t-on exactement ?

Pour cette réalisation, nous avons reçu l’aide de la paysagiste Maryline Levecq. C’est un jardin qui répondra au thème de cette édition, à savoir « Mythes et légendes des plantes ». Nous présenterons les mousses, ainsi que nos techniques de graffitis, de colonisation ou encore d’habillage… ainsi que la fameuse robe !

 

 

Enfant et Oiseau en mousse
©Anthios

 

Source : paris.fr

 

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