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SEB lance l'Open Food System

7 Septembre 2013, 18:23pm

Publié par Grégory SANT

Vitagora, Agrimip Innovation, Aquimer, Cap Digital, Imaginove, Microtechniques. Pas moins de 6 pôles de compétitivité sont impliqués dans Open Food System dont l'objectif est d'imaginer et de concevoir les solutions de troisième génération de la cuisine dite "numérique". Initié et coordonné par SEB, ce projet de recherche collaboratif regroupe 26 partenaires, soit environ 150 personnes, et dispose d'un budget de 21 millions d'euros. C'est à la fin de cette année que va démarrer officiellement ce Projet Structurant des Pôles de Compétitivité (PSPC), qui bénéficie à ce titre d'un financement dans le cadre des Investissements d'Avenir. Open Food Systeme va mobiliser de 30 à 50 personnes au sein des équipes de recherche et de développement du groupe SEB, ceci durant 42 mois.

Open Food System va démarrer tout juste soixante ans après le lancement de la Super-cocotte, le premier autocuiseur français qui a fait la renommée du groupe SEB. C'est en effet en 1953 que cet appareil apparaît sur le marché accompagné de son livre de recettes. "La Cocotte-minute est avant tout le fruit d'une réflexion marketing extrêmement intelligente. D'où son immense succès qui n'est pas dû qu'à l'appareil lui-même mais aussi à son livre de recettes, devenu depuis livre de référence, qui a su apporter à l'utilisateur et à des générations de cuisinières la méthode pour cuisiner bon et sain au quotidien", explique Kevin Camphuis qui dirige l'Atelier Digital de SEB. A croire que cette approche combinatoire entre hardware et software, la même que l'on retrouve aujourd'hui dans le projet Open Food System, était déjà dans les gènes de l'industriel français il y a un demi-siècle. Preuve que ce leader mondial du petit électroménager, dont l'aventure a commencé au coeur de la Bourgogne, a su entretenir en permanence cette capacité à innover avec les méthodes et les outils de son temps. Ce qui explique sans doute pourquoi il est capable une nouvelle fois aujourd'hui de prendre un tel virage

Au centre d'Open Food System, une plateforme digitale

"Quand on s'appelle SEB et que l'on est un expert de la cuisine dont les produits sont présents dans les cuisines du monde entier, on se pose évidemment la question de savoir ce que sera notre offre et nos solutions dans 5 à 10 ans. Or ces solutions passeront obligatoirement par cette même convergence du hard et du soft", estime Kevin Camphuis. Répondre à ce type de questions, c'est le quotidien de l'Atelier Digital dont la mission est en effet d'accompagner les équipes marketing et recherche de l'entreprise pour développer les solutions de demain qui intègreront les technologies numériques. Précisons que si ce type d'atelier dédié n'est pas nouveau chez SEB, il en existe d'ailleurs deux autres centrés sur les aspects design et culinaire, l'Atelier Digital, que son responsable définit comme "quasiment une spin-off au sein de SEB", fait aujourd'hui figure d'exception puisque cette équipe dédiée travaille sur des sujets tout à fait nouveaux pour le Groupe comme des applications mobiles, des appareils intelligents et des plateformes Web.

C'est donc dans ce contexte qu'a été initié Open Food System, un projet qui a tonalité particulière du fait de son ampleur et des thématiques qu'il englobe. En effet, pas moins de 26 équipes, soutenues par 6 pôles de compétitivité, y sont impliquées "afin de pouvoir proposer à nos utilisateurs, au-delà de nos appareils, une plateforme digitale sur laquelle ils pourront trouver l'ensemble des contenus et des services qui leur permettront d'améliorer leur cuisine au quotidien", résume-t-il. D'où l'obligation de regrouper les compétences d'un certain nombre de partenaires pour concevoir et développer cette plateforme. Il va falloir en effet imaginer les protocoles, les fonctions logicielles, les formats de données et les différentes plateformes Internet qui permettront de rassembler et d'analyser l'ensemble de ces contenus. "Cette plateforme est dite intelligente parce qu'elle va savoir comprendre les contenus qui y sont hébergés, en particulier les recettes, mais également la manière dont les utilisateurs s'en servent. Elle sera également capable d'analyser les informations que des appareils connectés peuvent lui apporter afin d'offrir des services inédits pour faciliter la cuisine", s'enthousiasme Kevin Camphuis.

Mais pour réussir ce parfait mariage entre hardware et software il va falloir en amont relever une multitude de défis. Par exemple, être capable de concevoir un four qui saura comprendre de manière autonome ce qui se passe en cours de cuisson. Cela implique évidemment de savoir analyser des données à l'aide d'indicateurs pertinents et de capteurs spécifiques. Côté software, la plateforme logicielle devra pouvoir reconnaître, comprendre, analyser, voire traduire, tous les types de contenus et, après les avoir croisés avec les informations provenant des appareils, proposer aux utilisateurs des services spécifiques personnalisés. D'où la mobilisation chez SEB de ses équipes de recherche et de développement. "Open Food System va en effet se concentrer sur la définition des outils de la plateforme. Et ce n'est qu'ensuite que nous mettrons à disposition, à la fois à des testeurs mais aussi à nos partenaires, une boîte à outils à l'aide de laquelle ils pourront alors proposer et développer les outils et les services innovants de la cuisine du futur". Ce sont ainsi plusieurs plateformes prototypes, baptisées "Lab Cook", enrichies au fur et à mesure de l'avancée du projet, qui seront mises à disposition de tous les partenaires (entreprises, développeurs, start-up, laboratoires ... ) qui souhaiteront développer et tester leurs propres outils ou services. Il y a donc un double effet vertueux dans ce programme de recherche collaboratif et multidisciplinaire puisqu'il permet à la fois d'associer des partenaires experts pour inventer ensemble une plateforme digitale sans équivalent et de motiver l'innovation des partenaires en dehors du projet lui-même.

Marier les technologies et les sciences humaines

Le plus étonnant dans ce programme "technologique" est sans doute que plus de la moitié de ceux qui y sont impliqués est issue des sciences humaines. Kevin Camphuis rappelle en effet que ce n'est pas tout de développer des technologies. Il faut que celles-ci soient "humaines". "Ces partenaires vont pouvoir apporter un contenu de connaissances et utiliser ensuite la plateforme pour enrichir leur propre compréhension des comportements humains face aux nouvelles technologies, et permettre ainsi de les rendre appropriables par qui que ce soit", indique-t-il. Une situation néanmoins pas vraiment nouvelle pour l'entreprise de Selongey qui travaille déjà depuis longtemps avec des spécialistes de ces disciplines scientifiques. En revanche, celle-ci va devoir apprendre à dialoguer avec ses partenaires spécialistes des technologies logicielles ou encore des comportements des utilisateurs du Web. "Notre univers de concurrence a complètement explosé en dix ans. Aujourd'hui, SEB se retrouve confronté aussi bien à des entreprises de l'agroalimentaire qui adoptent de nouvelles démarches et à des start-up qui développent de nouveaux concepts, que des entreprises des secteurs de l'électronique et des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC)". C'est dire l'importance du projet Open Food System, probablement le plus large des programmes de recherche à ce jour dans le domaine de la cuisine, et dont les premiers fruits seront visibles fin 2013.Source : bulletins-electronique.com

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