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Timbre biométrique par John Rogers

20 Mars 2013, 19:30pm

Publié par Grégory SANT

Le timbre biométrique conçu par l’équipe du professeur Rogers à l’université de l’Illinois ne dépasse pas les 0,8 micron dans sa partie la plus épaisse. Directement appliqué sur la peau, il est protégé par une couche de pansement en spray, et peut tenir pendant deux semaines en résistant à l’eau, ainsi qu’aux étirements et aux compressions liés à une activité physique.

Le timbre biométrique conçu par l’équipe du professeur Rogers à l’université de l’Illinois ne dépasse pas les 0,8 micron dans sa partie la plus épaisse. Appliqué sur la peau, il est protégé par une couche de pansement en spray, et peut tenir pendant deux semaines en résistant à l’eau, ainsi qu’aux étirements et aux compressions liés à une activité physique. © Rogers Research Group, MC10

Encore à l'état de prototype, ce capteur épidermique ultrafin, appliqué sur la peau, surveille des signes vitaux comme le rythme cardiaque, la température et l’hydratation. Capable de tenir une quinzaine de jours et résistant à l’eau, ce timbre biométrique pourrait servir au suivi médical à distance.

Dans un avenir pas si lointain, nous serons amenés à utiliser des timbres d’un nouveau genre. Nous les collerons sur la peau pour recueillir des informations sur certaines de nos fonctions vitales ou surveiller la guérison d’une plaie à la suite d’une intervention chirurgicale. Ces « systèmes électroniques épidermiques » sont des capteurs composés d’un circuit réalisé à l’échelle du micron et qui peuvent servir d’électrocardiographe, électromyographe ou

électroencéphalographe, ou encore mesurer la température, la pression ou l’hydratation de la peau.

Des chercheurs sous la direction de John Rogers de l’université de l’Illinois aux États-Unis viennent de franchir une étape importante dans le développement de ces timbres biométriques en élaborant un procédé qui permet de les

appliquer à même la peau, sans recourir à un support adhésif.

 

Capteur biométrique de 0,8 micron d’épaisseur

John Rogers et son équipe sont spécialisés dans la création de ces capteurs qui, dans leur première mouture, reposaient sur une couche en élastomère souple que l’on collait sur la peau. Une solution qui ne se prêtait pas à une utilisation quotidienne et permanente en raison de l’épaisseur et de l’impossibilité d’exposer ces patchs à l’eau. Les nouveaux timbres mis au point sont 20 à 30 fois plus fins et ne mesurent que 0,8 micron d’épaisseur sur leur partie la plus proéminente.

Ils épousent la structure et les mouvements de la peau sans créer de contrainte et résistent aux étirements et compressions qui peuvent se produire sur l’épiderme dans la vie quotidienne. « Nous avons modifié des techniques employées dans l’industrie des semi-conducteurs pour fabriquer des circuits intégrés, a expliqué John Rogers. Et ce avec des méthodes qui nous permettent de manipuler ces circuits à des niveaux de finesse exceptionnellement réduits, et sur une maille en couches ouvertes pour une intégration directe sur la peau. »


 

Pour appliquer le timbre sur la peau, le procédé s’apparente à la décalcomanie. Au départ, la fabrication du circuit intégré se fait en utilisant la technique appelée silicon on insulator (tranche de silicium sur isolant) mise au point par la société française Soitec. Le circuit est ensuite transféré sur un tampon en caoutchouc ou sur une feuille imprégnée d’alcool polyvinylique, puis appliqué directement sur la peau (sur laquelle a été préalablement vaporisé un pansement liquide pour faciliter l’adhérence).

Une fois le timbre biométrique en place, on applique une nouvelle couche de pansement liquide pour le protéger. On peut alors se baigner avec et le conserver deux semaines sans qu’il se détache. Outre le suivi médical à distance, ces timbres pourraient avoir de nombreuses applications grand public, notamment pour le sport mais aussi la cosmétique et le bien-être.

Transmission sans fil des données

Il reste encore un défi technique important à relever, qui concerne la transmission des données collectées. Avec des timbres biométriques aussi discrets, il faut bien entendu travailler sur une liaison sans fil qui puisse envoyer les informations à un terminal mobile ou un ordinateur. « Actuellement, nous utilisons un câble amovible ultrafin et étirable, mais nous travaillons à un système sans fil à la fois pour la transmission des données et pour l’alimentation », a indiqué John Rogers, sans vouloir entrer dans les détails.

Intégrer un module de communication sans fil ainsi qu’une source d’énergie sans altérer l’extrême finesse de ces timbres biométriques est assurément une gageure technique. Une fois cet obstacle levé, une commercialisation est envisagée via la société MC10, cofondée en 2008 par John Rogers. Ce dernier ne s’est toutefois pas avancé sur une date ni sur un prix de vente pour ces produits.

Source : futura-science.com

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