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Un avatar pour quoi faire ?

14 Janvier 2010, 21:28pm

Publié par Grégory SANT

Le poulpe contre la pin-up

Pourquoi cherchons-nous à nous rendre dans des mondes virtuels ? Pour y vivre des expériences qui nous seraient impossibles ou du moins extrêmement difficiles à connaître dans le monde réel, bien sûr. Le pionnier de la réalité virtuelle, Jaron Lanier, a dit “je voudrais être un poulpe“. Il faisait allusion à la capacité de ces animaux à changer leur couleur selon leur humeur. Lanier rêve d’avatars capables d’exprimer de manière directe les pensées de leurs possesseurs. La réalité virtuelle pourrait être un moyen d’expression de soi, où l’apparence de notre avatar révélerait notre personnalité.

“Si notre capacité à inventer des nouveaux corps ou des mondes devenait un moyen d’expression aussi puissant que le langage et la musique, affirme Lanier, alors il deviendrait possible aux gens capables de se transformer de faire passer des idées et des sensations de manière aussi profonde que le font les grands écrivains ou les grands musiciens…”, explique-t-il.

proteuseffectsMais les recherches de groupes comme l’Institut VIHL de Stanford montrent au contraire que la plupart des utilisateurs de mondes virtuels sont très conservateurs lorsqu’ils ont affaire aux avatars. Ils préfèrent traiter avec de grands avatars plutôt que des petits, ne font pas confiance aux avatars androgynes, etc. Il y a donc, dans la création des avatars, une opposition entre la tendance “artistique” favorisant l’expression des aspects singuliers de notre personnalité, et le conservatisme inné de notre cerveau qui réagit en virtuel comme en réel aux images stéréotypées de la séduction. Ainsi, l’apparence de l’avatar possède une influence sur son possesseur. Cette propriété ouvrirait éventuellement la voie à des “psychothérapies” en monde virtuel. Mais un effet contraire est possible.

En 2009, Jorge Peña, professeur de communication à l’université de Cornell, a testé des utilisateurs en leur demandant d’effectuer un travail en monde virtuel. Certains avatars présentaient une image respectable ou neutre, d’autres étaient vêtus d’un manteau noir comme les méchants d’un mauvais film, ou portaient même un costume du Ku Klux Klan. Les sujets ayant hérité de douteux avatars auraient adopté, davantage que les autres, un comportement antisocial et montré une plus grande tendance à mal se conduire en équipe et à saborder le travail qui leur est assigné…

Rémi Sussan Source : internetactu.net

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canvas art prints 01/12/2011 12:08

de faire passer des idées et des sensations de manière aussi profonde que le font les grands écrivains ou les grands musiciens…”, explique-t-il.