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Un coton qui récolte l'eau du brouillard

17 Avril 2013, 18:30pm

Publié par Grégory SANT


Un coton qui récolte l'eau du brouillard.
Illustration: extrait de la présentation

Les réserves des nappes phréatiques fournissent entre 25 et 40% de notre eau potable mais elles ne sont pas inépuisables. Le désormais surnommé "Or bleu" manque encore à près de 20% de la population (1,2 milliard de personnes), c'est pourquoi la recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique désigne également le...) de sources d'eau (L’eau (que l'on peut aussi appeler oxyde de dihydrogène, hydroxyde d'hydrogène ou acide hydroxyque) est un composé chimique simple, mais avec des propriétés complexes à cause de sa...) douce est permanente en hydrologie. Les chercheurs tentent des approches diverses et variées depuis des années. Voici une nouvelle tentative innovante en cours d'expérimentation (L'expérimentation est une méthode scientifique qui consiste à tester par des expériences répétées la validité d'une hypothèse et à obtenir des données quantitatives permettant de l'affiner. Elle est pratiquée par...): la conception d'un matériau (Un matériau est une matière d'origine naturelle ou artificielle que l'homme façonne pour en faire des objets.) alliant du coton et un polymère hydrophile afin de récupérer l'eau du brouillard.


Récolter l'eau de la brume n'est pas une idée récente: en 1990 Alain Gioda, hydrologue à l'IRD (Institut de recherche pour le développement), avait déjà soumis cette idée qui a depuis été exploitée en utilisant par exemple des filets permettant aux gouttelettes de se condenser et de tomber dans des gouttières. Son utilisation, appliquée dans plusieurs pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision...), permet de récolter 30 litres d'eau par m2 de filet, mais présente le problème d'être très dépendante du vent: le système n'est donc pas utilisable dans toutes les régions.

C'est pourquoi une équipe de chercheurs d'Eindhoven, associée à une équipe de Hong Kong (Devise nationale : Sapientia et Virtus), vient de développer un matériau pouvant être hydrophile ou hydrophobe (Un composé est dit hydrophobe (du grec υδρο, hydro = eau, et Φοβοσ, phóbos = peur) ou lipophile quand il est soluble dans les corps gras, mais...) en fonction de la température (La température d'un système est une fonction croissante du degré d'agitation thermique des particules, c'est-à-dire de son énergie thermique. Elle est définit par l'équilibre de transfert de chaleur avec d'autres systèmes.). Les résultats, publiés dans la revue Advance (Advance est un constructeur informatique.) Materials, sont encourageants puisqu'en appliquant sur le tissu de coton un polymère, le poly(N-isopropylacrylamide) appelé également PNIPAAm, sa capacité d'absorption ( En optique, l'absorption se réfère au processus par lequel l'énergie d'un photon est prise par une autre entité, par exemple, un atome qui fait une transition entre deux niveaux d'énergie électronique. Le photon est...) augmente considérablement. En temps (Le temps est un concept développé pour représenter la variation du monde : l'Univers n'est jamais figé, les éléments qui le composent bougent, se transforment et évoluent pour...) normal il est capable d'absorber l'équivalent de 18% de son poids (Le poids d'un corps nu ou force de pesanteur est la force exercée sur un corps (de masse m) immobile dans le référentiel terrestre (c’est-à-dire, lié à l'objet solide...), mais ce pourcentage (Un pourcentage est une façon d'exprimer une proportion ou une fraction dans un ensemble. Une expression comme « 45 % » (lue « 45 pour cent »)...) s'envole à 340% grâce au polymère.

Autre avantage très intéressant de ce matériau: il libère toute l'eau qu'il a absorbée lorsque la température augmente, jusqu'à devenir totalement hydrophobe lorsque la température atteint 34°C: l'eau ne peut alors plus être absorbée car sa structure forme une couche complètement fermée. De plus, ce coton fonctionne indépendamment du vent et présente la particularité de pouvoir être mis en place directement aux endroits choisis, comme sur un sol cultivé par exemple. Les chercheurs souhaitent poursuivre leurs tests pour parvenir à augmenter la capacité d'absorption de ce coton.

Source : techno-science.net

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