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Une façade translucide en panneaux solaires

2 Janvier 2013, 19:07pm

Publié par Grégory SANT

En première mondiale, pas moins de 300 m2 de cellules photovoltaïques à colorant vont être intégrés dans la façade du Centre de conférences Swiss Tech (EPFL).

Ce prototype sera la première application de cette technologie sur un bâtiment public. Les panneaux translucides, construits et assemblés par des PME de la région, exploitent une invention de Michael Graetzel. Cette réalisation s’insère dans le cadre du partenariat établi dès 2009 entre l’EPFL et Romande Energie pour la création d’un des plus grands parcs solaires de Suisse.

Des façades solaires à colorant sur le Centre de conférences Swiss Tech

La façade ouest du futur Centre de conférences de l’EPFL, actuellement en construction, ne manquera pas d’attirer l’attention. L’Ecole et Romande Energie, en partenariat avec les architectes, le propriétaire, les bâtisseurs et une artiste lausannoise, ont en effet décidé de remplacer les pare-soleils en verre sérigraphié prévus initialement par des panneaux photovoltaïques translucides et colorés – nommés aussi «cellules Graetzel», du nom de leur inventeur.

Ce nouvel élément de façade sera réalisé par Solaronix à Aubonne, première entreprise à avoir acquis une licence du brevet EPFL en 1994. La PME vaudoise assemblera 1.500 modules de 35 x 50cm sur une surface de 300m2.

Grâce à une percée technologique récente et au terme d’une batterie de tests intensifs, la société estime avoir atteint un niveau de fiabilité suffisant pour passer du laboratoire au démonstrateur en conditions réelles. « Je suis heureux de voir cette technologie exploitée dans un projet architectural d’envergure », se réjouit Michael Graetzel chercheur à l'EPFL. C’est une étape importante vers la diffusion à large échelle des cellules solaires à colorant, dont le principe s’inspire de la photosynthèse du monde végétal, explique le chercheur.

Des façades solaires à colorant sur le Centre de conférences Swiss Tech


Une œuvre d’art et d’architecture

A la différence des cellules photovoltaïques opaques basées sur le silicium, les modules de Graetzel sont transparents. Ceux qui habilleront le Centre de conférence déclineront des teintes rouges et orangées, selon un arrangement dessiné par l’artiste lausannoise Catherine Bolle. Ils rempliront simultanément deux fonctions : la protection contre le rayonnement solaire sur la façade vitrée, afin de réguler la température intérieure du bâtiment, et la production d’électricité renouvelable.

Un pas vers l’industrialisation

La production d’électricité, estimée à 8.000 kilowattheures (kWh) par année, ne représentera qu’une petite partie de la consommation du bâtiment. Le rendement de ce type de capteurs est inférieur à celui des cellules en silicium. Ils offrent toutefois de bonnes performances en lumière diffuse et s’intégreront donc parfaitement dans ce projet, qui fait face à l’ouest avec des modules placés verticalement. En outre, l’industrialisation de cette technologie laisse augurer d’un bon rapport coût/efficacité car le processus de fabrication ne recourt pas à des hautes températures – gourmandes en énergie – ou à des matériaux rares.

« Ce que nous réalisons sur ce Centre de congrès est un démonstrateur technologique, une vitrine destinée à attirer l’attention sur un procédé phare inventé dans notre Ecole, à le tester en vraie grandeur et à démontrer son important potentiel architectural », souligne Francis-Luc Perret, Vice-Président pour la planification et la logistique de l’EPFL.

 

Cellules solaires à colorant fonctionnant avec la lumière ambiante

Source : enerzine.com

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