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environnement-design

La vaisselle jetable en fibre de bananier

22 Juin 2018, 17:41pm

Publié par Grégory SANT

La vaisselle jetable de Green Whisper est solide, elle peut même passer au micro-ondes ou au four. (Crédit : Green Whisper)
La vaisselle jetable de Green Whisper est solide, elle peut même passer au micro-ondes ou au four. (Crédit : Green Whisper)
D’ici 2020, la vaisselle jetable en plastique sera interdite en France. C’est pourquoi il est urgent de trouver des alternatives. L'entrepreneur Jayesh Vir a inventé une gamme de produits durables à usage quotidien à partir de résidus agricoles. 
 
D’origine indienne, il a eu cette idée en se rendant compte que dans son pays, premier producteur de banane (25 % de la production mondiale), les déchets agricoles étaient nombreux. En effet, les agriculteurs sont tous confrontés au même problème : "quand le bananier donne ses fruits, il meurt et il faut le couper. Par manque de moyen, même si c’est interdit, la plupart des agriculteurs brûlent les troncs, ce qui crée une énorme pollution tous les ans", explique-t-il.
 
Pourquoi utiliser du carton, et donc couper de nouveaux arbres, alors que toute cette matière première est disponible et termine par être gaspillée ? C’est à partir de ce constat que Jayesh Vir et son associé, Anubhav Mishra, ont décidé de créer l'entreprise Green Whisper.
 
À partir de la fibre de bananier, ils produisent du tissu, ayant le même aspect que le lin, destiné à être utilisé pour du linge de maison, des serviettes ou encore des rideaux. 

Selon le fondateur, la fibre de banane est recyclable jusqu’à 10 fois, alors que le papier normal ne l’est que jusqu’à 4 fois. De plus, cette matière permet de faire des t-shits : ceux en coton nécessitent 2 000 litres d’eau, alors que ceux à base de fibres de banane n’en nécessitent pas, puisque la seule eau utilisée est celle de la pousse du fruit.
 
 

Après la banane, la canne à sucre

Les deux entrepreneurs ne se sont pas arrêtés à la banane. Avec de la canne à sucre et des feuilles de palmier, ils réalisent de la vaisselle jetable : assiettes, gobelets, couverts…
         
"Cette vaisselle jetable ressemble à du bois, c’est très solide. Elle peut même passer au micro-ondes ou au four !", se réjouit Jayesh Vir.
  
La fibre de canne à sucre possède également l’immense avantage d’être étanche par nature, très pratique pour fabriquer les gobelets notamment. "Les gobelets en carton conventionnels sont recouverts d’une couche de résine ou de plastique. C’est pourquoi on ne peut pas les recycler", ajoute-t-il.
 
 

 

La fibre de canne à sucre est étanche par nature. (Crédit : Green Whisper)
La fibre de canne à sucre est étanche par nature. (Crédit : Green Whisper)
Ainsi, tous les produits de Green Whisper sont 100 % recyclables et compostables. "Nos produits sont compostables à la maison, de la même manière que des épluchures de légumes".
 
Les matières premières utilisées ne sont pas bio, mais Jayesh Vir affirme que la transformation des produits élimine tout pesticide.
 
Pour le moment, les produits de Green Whisper ne sont pas trouvables dans le commerce. Les deux entrepreneurs sont en train de signer des partenariats avec des groupes hôteliers, des restaurateurs, des compagnies aériennes et ferroviaires en France et en Europe. Dans un second temps, ils se tourneront vers la grande distribution pour la vente au grand public.
 
Enfin, ils comptent développer leur gamme en proposant des objets à partir de résidus agricoles issus de la culture du blé. Au lendemain du #NoPlasticChallenge, ces produits représentent une solution intéressante pour éliminer le plastique de nos quotidiens.
      

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Cultiver sur vos murs pour votre autoconsommation alimentaire

15 Décembre 2017, 18:04pm

Publié par Grégory SANT

Les modules peuvent être placés sur un plan de travail, une étagère ou accrochés aux murs de sa cuisine de son salon (Crédit : Ici Terre)
Les modules peuvent être placés sur un plan de travail, une étagère ou accrochés aux murs de sa cuisine de son salon (Crédit : Ici Terre)
Pour permettre à chacun de cultiver une partie de son alimentation, même avec un petit budget, l'association de réinsertion professionnelle Ici Terre a crée "le mur comestible", des germoirs à accrocher sur les murs de sa maison.

Vous aimeriez faire pousser une partie de vos aliments chez vous mais vous manquez de place ? Pour permettre à chacun d’être producteur de son alimentation, même dans de petits espaces urbains, l’association de permaculture et d’insertion professionnelle par l’agriculture urbaine Ici Terre a créé "le mur comestible". Un ensemble de germoirs qui retiennent la terre et permettent la culture de micro-pousses à la verticale.
 
Ces dernières sont des semences de légumes, de légumineuses ou encore de fines herbes que l’on plante dans du terreau, après trempage, et que l’on expose à la lumière. On les consomme au début du développement de la plante, au stade qui suit la germination. Hautes de quelques centimètres, elles sortent de terre entre une et quatre semaines selon espèces.
 
Selon une étude menée en 2012 par l’Université du Maryland avec le département américain de l’Agriculture, les micro-pousses contiennent de quatre à quarante fois  plus de nutriments que la plante arrivée à maturité. "Elles se consomment en smoothie, en pesto, en salades, sur les soupes, dans les pâtes ou encore le riz", précise Marc Debermon, ingénieur en énergie renouvelable et bénévole dans une vidéo mise en ligne par Ici Terre.

 
La culture de micro-pousses est adaptée à la culture en ville (Crédit : Ici Terre)
La culture de micro-pousses est adaptée à la culture en ville (Crédit : Ici Terre)

De jeunes pousses adaptées à la culture urbaine

Les modules, en forme d’alvéoles, ont été conçus pour être superposés. Ils peuvent être placés sur un plan de travail, une étagère ou accrochés aux murs de sa cuisine ou encore de son salon. Et si l’association a choisi la culture de micro-pousses, c’est aussi parce que ces dernières sont adaptées à la culture en ville.
 
En premier lieu, il faut faire germer les plantes dans les bacs. Au bout de quelques jours, on peut alors accrocher ces derniers au mur. Il est recommandé d’exposer les jeunes pousses à une lumière indirecte  et de les arroser tous les jours. Nul besoin de LED ou de système hydroponique !
 
Avec ce mur comestible, il s’agit avant tout pour l’association "de faire comprendre à tout un chacun qu’on peut devenir acteur ou actrice de son alimentation. Quel que soit l’endroit où l’on habite, on peut manger de façon saine et locale même avec un petit budget", ajoute Arcanelle Sita, géographe et bénévole pour l’association.
 

 

Il faut compter douze bouteilles pour fabriquer un bac (Crédit : Ici Terre)
Il faut compter douze bouteilles pour fabriquer un bac (Crédit : Ici Terre)

Une démarche qui promeut l’économie circulaire

Dans une logique du zéro déchet, les bacs sont fabriqués à partir de bouteilles en plastique. Après avoir été collectées, elles sont broyées, fondues puis imprimées en 3D. À noter, il faut compter douze bouteilles pour fabriquer un bac.
 
Quant à la terre, elle peut être récupérée après la récolte pour être compostée dans un lombricomposteur d’intérieur avec les déchets aliments et du marc de café. "Ce mélange sera la base de vos prochains semis", précise l'association Ici Terre.
 
 

Un projet d’insertion professionnel et social

Pour produire ces modules, l’association a décidé de faire appel à des personnes  exclues du monde du travail grâce au "Dispositif Premières Heures" mis en place en 2011 par Emmaüs Défi, grâce au soutien du département de Paris. Il permet aux "grands exclus" de reprendre une activité professionnelle à un rythme progressif. D’abord deux heures par semaine, puis quatre, puis huit, puis douze…  

"Lorsque l’on vit dehors, on ne dort pas. On est constamment sur le qui-vive donc on est fatigué. On perd la santé, la notion du temps, la confiance en soi… C’est donc très difficile de reprendre un travail à plein temps", explique Nicolas Tronc, salarié d’Emmaüs sur le site de la ville de Paris.
 
 
L’association Ici Terre annonce la création de huit emplois en réinsertion professionnelle. Les personnes employées seront accompagnées par une équipe composée d’un éducateur spécialisé, Stéphan Resseguier, présent à temps plein et d’une animatrice, Charlotte Agricole, plasticienne, employée à mi-temps.
 

 

Pour financer ce dispositif, l’association a fait appel aux dons sur la plateforme de financement participatif Blue Bees, consacrée aux projets liés à l’agriculture durable. Les bacs peuvent y être précommandés pour trente euros. Ils seront à récupérer aux Grands Voisins ou livrés à partir d’avril 2018.
 
L’argent récolté servira notamment à fabriquer les machines à transformer le plastique et à terminer la construction de dômes géodésiques qui doivent abriter l’atelier de fabrication. En plus de permettre la réinsertion de personnes exclues du monde du travail, celui-ci se veut un lieu de rencontres. Aussi, sera-t-il ouvert au public les weekend et en soirée.

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Lyspackaging propose la VeganBottle

27 Novembre 2017, 18:52pm

Publié par Grégory SANT

 

Lyspackaging sucre les plastiques Les VeganBottle, des bouteilles en plastique végétal 100?% biodégradable, compostable et recyclable. La canne à sucre est pleine de ressources, y compris lorsqu’il s’agit de produire des emballages pour l’agroalimentaire. Alternative aux plastiques pétrosourcés, les bioplastiques ouvrent de nouvelles perspectives. Produits à partir de matière végétale comme l’amidon de maïs, de betterave ou de pomme de terre, ils nécessitent moins d’énergie que les polymères issus d’hydrocarbures. Lyspackaging, fabricant de bouteilles et flacons en polytéréphtalate d’éthylène (PET), développe, lui, des emballages agrosourcés à partir d’acide polylactique (PLA) provenant de la bagasse de canne à sucre. Certifiés contact alimentaire par le laboratoire Pourquery, ces conditionnements s’adressent d’abord aux industriels de l’agroalimentaire, mais l’entreprise lorgne également du côté du marché des cosmétiques. Une fois approvisionné en granulés, Lyspackaging formule la matière afin de produire par injection des pots, des flacons ainsi que des bouteilles transparentes ou blanches.

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La libellule inspire les véhicules autonomes

4 Septembre 2017, 20:22pm

Publié par Grégory SANT

Les capacités visuelles des libellules pourraient servir de modèle pour développer le véhicule autonome.

Le véhicule autonome est un sujet majeur de recherche. Certains se concentrent sur les infrastructures nécessaires pour les accueillir, comme les routes. D’autres se posent des questions éthiques et philosophiques et se demandent quelle vie le véhicule devra tenter de sauver en priorité en cas d’accident. Et d’autres encore tentent d’améliorer la technique pour éviter au maximum les collisions. Ces derniers pourraient être intéressés par cet article de recherche publié par des membres des universités de Lund en Suède et d’Adelaide en Australie.

Selon ces chercheurs, la libellule pourrait être une source d’inspiration très utile aux constructeurs de véhicules sans conducteur. En effet, ce petit insecte est capable d’anticiper les mouvements et de prédire la trajectoire de ses proies pour chasser avec succès. Son secret ? Un neurone, que les scientifiques viennent de découvrir. Les propriétés de cette cellule nerveuse vont être répliquées dans un petit robot. Et si les résultats sont probants, la méthode sera testée pour améliorer le véhicule autonome.

S’inspirer voire mimer la nature s’avère souvent être un pari gagnant. De Léonard de Vinci avec son aile volante aux smart cities du futur qui se drapent dans leurs habits végétaux, le biomimétisme est souvent clef.

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Nos déchets peuvent-ils devenir une ressource ouverte ?

12 Mai 2017, 19:07pm

Publié par Grégory SANT

Nos déchets peuvent-ils devenir une ressource ouverte ?

L’innovation ce n’est pas que du numérique. Cette semaine nous entrons dans le détail d’une mission que nous effectuons pour la filière de recyclage de pneus. Ou comment faire de nos déchets des ressources ouvertes pour faciliter leur réutilisation dans des projets innovants.

Innovation : et si l’on faisait de nos déchets une ressource ouverte ?

 

Je vais vous parler de la mission la plus originale et – oserais-je dire – la plus innovante qui nous ai jamais été confiée. D’abord par son sujet : un déchet, le pneu usagé. Ensuite par la méthode mise en oeuvre : comment appliquer les méthodes d’ouverture et de partage qui ont fait le succès du logiciel au recyclage des déchets ?

Ne refermez pas tout de suite cet article, laissez-moi vous raconter cette histoire où un déchet du quotidien se transforme en trésor. Je ne doute pas qu’elle vous inspirera dans vos propres démarches de développement produit.

Aller directement au Wiki

Acte 1. Quel est le problème à régler ?

Crédit photo  »Michel Djaoui, Aliapur, DR

Vous êtes-vous déjà demandé ce que devenaient vos pneus une fois changés contre des neufs ? La loi prévoit que l’intégralité des pneumatiques usagés soient collectés et valorisés. Aliapur, notre client, est le leader de ce marché avec plus de 40 millions de pneus traités chaque année.

Que deviennent ces pneus une fois collectés ? Aujourd’hui, 18% environ sont revendus sur le marché de l’occasion ou du rechapage. Le reste est valorisé comme matière première et comme combustible de substitution. C’est mieux que la décharge, mais il est nécessaire de trouver d’autres débouchés.

Plus d’infos sur la filière  ici

Le pneumatique, même usagé, est un trésor caché. Concentré de technologies à l’état neuf , le pneu contient trois matières brutes potentiellement réutilisables : l’élastomère (sous forme de pneu entier, transformée en granulats ou en poudre), du tissu et une résille de métal. Ces matières sont assez simples à récupérer et transformer. Le caoutchouc issu du pneu usagé conserve par exemple de grandes qualités fonctionnelles d’élasticité, d’isolation, d’amortissement, de solidité ou de pouvoir drainant. Ces matières sont de plus bon marché et disponibles en quantité : plus de 335 000 tonnes de pneus sont collectées chaque année par Aliapur.

D’autres réutilisations existent déjà, mais elles restent moins développées : saviez-vous que les sols des aires où jouent vos enfants, les terrains de sport synthétiques où s’entraîne votre équipe ou encore les roues de vos poubelles sont déjà fabriqués à partir de pneumatiques recyclés ? Que des artistes, des ingénieur-e-s et des makers inventent chaque jour de nouveaux usages ?

Pouffe imprimé en 3D à partir de pneus usagés

Alors, pourquoi ne trouve-t-on pas plus de cas de réutilisations comme ceux-ci ?

Le problème est que le pneu en fin de vie souffre d’une méconnaissance et d’une mauvaise image.  Quand on pense « pneu usagé » apparaissent généralement des images peu flatteuses : pneu abandonné dans un garage, matière sale voir potentiellement toxique,… Comme beaucoup de déchets, il est difficile de les considérer comme une véritable richesse et une source de créativité.

Acte 2. L’élément déclencheur

En 2012, les deux dirigeants d’une entreprise de Nouvelle-Calédonie cherchent une solution pour empêcher les larves de moustiques de se développer dans les gouttières où stagne l’eau. En effet les moustiques dans les régions tropicales sont porteurs de virus dangereux comme la Dengue et Chikungunya. Or, ces insectes logent souvent à proximité immédiate des populations qu’ils frappent. La solution recherchée devait permettre de laisser passer l’eau dans les gouttières sans pour autant permettre aux moustiques d’y pondre. Les dirigeants se rapprochent des ingénieurs d’Aliapur, et ensemble conçoivent un composé de granulats répondant aux besoins de filtration, de non-pourrissement et de sécurité pour l’environnement. L’invention sera étudiée et validée par le Centre de Transfert Technologique du Mans (CTTM) pendant un an. Elle sortira sur le marché sous la marque Aglostic. Elle est désormais sur le marché et a fait l’objet de nombreuses récompenses.

En savoir plus sur Aglostic ici.

Voici une innovation frugale qui règle un vrai problème de santé publique tout en faisant du bien à l’environnement.

Cette expérience a eu un effet déclencheur pour les responsables d’Aliapur : si l’entreprise a pu contribuer à créer une solution comme Aglostic, que devrait-elle faire pour aider des dizaines, voire des centaines d’autres solutions utilisant des pneus usagés ?

L’objectif n’était pas financier : Aliapur, de par son activité, ne génère pas de bénéfices. Il était de diversifier les débouchés de valorisation et de privilégier ceux qui ont le meilleur bilan environnemental.

Acte 3. Comment renverser la table ?

Aliapur souhaitait trouver des débouchés nouveaux dont le bilan environnemental était égal ou meilleur que les réutilisations actuelles. L’entreprise souhaitait de plus garder une certaine maîtrise sur les débouchés en raison de ses obligations légales sans pour autant avoir à traiter individuellement chaque demande.

Comment concilier cette obligation de maîtrise avec des moyens nécessairement limités pour susciter et accompagner les projets externes à l’entreprise ? Classiquement, les entreprises mettent en place une cellule interne dédiée à l’examen au cas par cas des demandes de réutilisateurs. Elle se retrouvent dès lors confrontées à un double risque :

  • ne pas susciter assez de projets de réutilisation
  • susciter un trop grand nombre de projets

Comment attirer un nombre suffisant de réutilisateurs ? Aliapur n’est pas la SNCF ou la BNP : les startups ne se pressent pas dans leur hall d’accueil pour leur proposer des produits innovants. Or en l’absence d’une masse critique suffisante de projets, le risque est grand d’accorder trop d’importance  à des idées de faible valeur. Difficile de rejeter des idées quand on ne dispose pas d’un “flux de propositions” suffisant.  

Paradoxalement un afflux trop grand de projets conduit souvent aux mêmes conséquences : face à un flot de demandes, l’équipe dédiée à l’innovation devra sélectionner à l’entrée les projets sur lesquels elle affectera ses moyens limités; il est fort probable que la priorité sera accordée aux projets ayant a priori le plus de chance de réussir (= les moins risqués) et portés par les acteurs les plus « rassurants » (= grands groupes, les projets subventionnés, les innovations incrémentales). Conséquence : l’entreprise se retrouve à soutenir des projets “attendus” sur des marchés “connus”, avec peu de chances que l’un d’eux change un jour le marché.

C’est l’effet “goulet d’étranglement” des dispositifs classiques d’innovation dans les entreprises.

C’est pourquoi lorsque Aliapur nous a consultés nous avons avec Gael Musquet proposé une démarche inverse :  “faire du pneu usagé une ressource ouverte”.

Plutôt que de traiter au cas par cas chaque demande de réutilisation, nous avons proposé à Aliapur d’ouvrir ses ressources et les exposer de manière à ce que les réutilisateurs, quels qu’ils soient, puissent y accéder facilement et sans contrainte. Favoriser la créativité et la croissance des réutilisateurs en leur fournissant tout ce qui est nécessaire à leur projet, et en les encourageant à améliorer eux-mêmes ces ressources.

Cette démarche est pratiquée dans le monde du logiciel depuis plusieurs décennies, avec le succès que l’on connaît. Si vous souhaitez créer par exemple une application qui fonctionne sur un smartphone, des ressources sont organisées et accessibles pour vous accompagner de bout en bout. Pas besoin de prendre rendez-vous chez Apple : on trouve en ligne des “kits de développement”, de la documentation et des espaces d’échanges. Ce n’est pas l’anarchie pour autant : les règles d’utilisation sont clairement exposées et leur acceptation n’est pas négociable. En revanche, une fois ces règles acceptées, la liberté de créer est quasi infinie et le “goulet d’étranglement” est réduit au minimum. À titre d’exemple, 13 millions de développeurs sont inscrits dans la communauté d’iOS (le système d’exploitation de l’iPhone). Ils ont créé plusieurs centaines de millions d’applications et Apple leur a déjà reversé 50 milliards de dollars en dix ans.

Concrètement, nous avons proposé à Aliapur de s’inspirer des méthodes d’innovation pratiquées dans le logiciel en mettant à disposition des réutilisateurs :

  • une documentation ouverte et accessible sur les possibilités offertes par le pneu usagé
  • une aide technique à la réalisation de transformations
  • un kit de démarrage
  • et bien entendu des matériaux sous différents formats.

Acte 4. On passe à l’action

Nous poursuivions par cette démarche plusieurs objectifs interdépendants :

  • rendre accessibles les connaissances sur le sujet afin d’abaisser les barrières à l’entrée
  • inspirer les réutilisateurs potentiels avec des exemples documentés et des ressources directement exploitables
  • inciter la communauté des réutilisateurs à contribuer à l’amélioration des connaissances et des pratiques

Voici ce que nous avons mis en place depuis début 2017 :

Créer une première documentation sur le produit et ses usages

Une toute première version du Wiki non publique a rassemblé les éléments essentiels :

  • état de l’art des cas existants de recyclage de pneus usagés : à la fois ceux pour lesquels Aliapur était impliqué, mais également tous ceux trouvés dans le cadre de nos recherches
  • premiers éléments techniques sur les “produits” : caractéristiques fonctionnelles, toxicologie,…

Séance d’idéation au Techshop LM d’Ivry

Générer de multiples exemples de réutilisations pour inspirer

Début février nous avons réunis au TechShop LM d’Ivry sur Seine une dizaine de réutilisateurs potentiels – entrepreneurs, makers, professionnels du bâtiment et du secteur de la plaisance – autour des ingénieurs d’Aliapur. Les principaux matériaux issus du pneu étaient posés sur la table, même si l’objectif n’était pas de fabriquer mais de trouver des idées de réutilisations. Un grand merci en particulier à Dara Dotz, Henriette HippomèneBertier LuytCorentin Larose et Christophe Lambrecq pour leur participation.

Cette première vague d’idéation a permis de générer une centaine d’idées. Une dizaine ont été sélectionnées et approfondies en équipe : types de transformation, marchés concernés, impacts environnementaux,….

Ces idées furent extrêmement variées : de la protection pour le mobilier urbain à de la litière pour chat réutilisable en passant par des cales pour panneaux solaires. À l’image de la variété des réutilisations que nous souhaiterions susciter ensuite.

Lien vers le Trello qui recense les idées ici.

Nous avons enfin “crash-testé” la première version du wiki pour voir si les ressources qu’il contenait auraient été suffisantes pour réaliser les projets inventés.

L’objectif de cette démarche n’était pas de trouver les meilleurs projets ni les plus faisables mais de valider la pertinence et l’utilité du wiki.

L’exercice nous a permis également de valider les formes de conditionnement des matières transformées (granulats, poudrettes,…) nécessaires pour pouvoir commencer à tester les possibilités du produit.

Créer un starter development kit

Nous avons constaté que le panel de réutilisateurs avait besoin de toucher et manipuler les matériaux sous différentes formes : morceaux bruts, granulats, poudrette, résille, tissus.

L’idée est venue de proposer un “kit de démarrage” comme il en existe pour l’électronique et le logiciel ouverts avec les kits Arduino ou Grove.

 

Le Starter Kit d’Arduino

L’équipe d’Aliapur a dû trouver de nouveaux conditionnements pour les matériaux et les éléments comme la résine, afin de disposer d’un kit transportable et facile à utiliser.

Ce n’est qu’une première version beta, mais elle permet déjà à des makers de faire leurs premières armes et tester quelques réutilisations de matières.

Notre objectif n’était pas d’en faire un joli kit comme celui d’Arduino, mais de sortir rapidement le nécessaire pour les réutilisateurs.

Le tester auprès des utilisateurs internes

Avant de se lancer dans le grand bain, il nous a semblé utile de présenter en premier lieu la démarche et le starter kit aux salariés d’Aliapur :

  • ils sont les premiers concernés et les oublier aurait été une erreur
  • ils sont les premiers “connaisseurs” des produits et méthodes; certains ont peut-être des idées de réutilisation

Le 28 avril, Gael est allé présenter le projet devant les salariés. Cette séance s’est accompagnée d’une mise en pratique avec utilisation du starter kit.

Diffuser une version publique du Wiki

Le wiki est désormais en ligne. Il contient désormais plus de 60 pages de textes, contenus visuels et liens vers d’autres ressources utiles. Difficile de trouver plus d’informations sur ces produits et matières ailleurs. Nous l’avons volontairement hébergé sur GitHub, qui est un outil mondialement connu et qui offre les meilleures possibilités d’exposition et de traçage des contributions.

Lien vers le Wiki ici

Toutes remarques, questions et contributions sont évidemment les bienvenues.

Aller au contact des réutilisateurs potentiels pour présenter le wiki et le kit

Les plus belles ressources n’ont aucun intérêt si elles restent inconnues de leurs destinataires. C’est pourquoi nous avons prévu de prendre contact avec des organisations-relais et des influenceurs, d’abord individuellement, puis dans le cadre de manifestations comme le FabLab Festival de Toulouse les 11 et 12 mai prochain, où nous irons à la rencontre des personnes intéressées. Nous sommes disponibles évidemment pour présenter ce projet dans d’autres manifestations.

Si la documentation est pertinente, des projets devraient commencer à utiliser ces matériaux plutôt que de l’élastomère, du métal ou des tissus neufs et plus coûteux. Dans la mesure du possible, la fourniture de ces matériaux au plus près du lieu de réutilisation (circuit court) sera envisagée.

Disposer d’autant de ressources matérielles et immatérielles pour créer des produits vertueux d’un point de vue environnemental est rare, voire unique.

Reste à le faire savoir.

Acte 5. Nous avons besoin de vous

Notre objectif est que les principaux lieux de fabrication et de création ouverts – fablabs, hackerspaces, écoles de design, recyclerie,… disposent d’un starter kit et connaissent le Wiki. Nous faisons le pari que des milliers de personnes dans le monde sont en train de mûrir, de mettre en œuvre ou de terminer un projet nécessitant ce types matériaux. La connaissance de ces ressources les aiderait grandement.

Il reste ensuite d’innombrables ressources à créer pour faciliter la création : tutoriaux, autres kits de développement, formations, repérage des référents, conseils, meetups,…Nous avons besoin de vous pour faire connaître ce projet, le diffuser et que la communauté puisse contribuer à son amélioration.

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Fermentalg : imagine la colonne Morris qui dépollue

9 Mai 2017, 18:55pm

Publié par Grégory SANT

Cette colonne Morris va purifier l'air parisien (Crédit : Suez Environnement)
Dépolluer Paris avec des micro-algues, c'est le projet mis en place par Suez et la start-up Fermentalg avec un nouveau prototype de mobilier urbain. Un projet séduisant sur le papier mais dont la pertinence n'est pas encore démontrée...

 

Cette colonne Morris va purifier l'air parisien (Crédit : Suez Environnement)

Depuis le 19ème siècle, les colonnes Morris servent à la promotion des spectacles et des films pour les Parisiens. Désormais, elles pourront aussi servir à décarbonner l'atmosphère. C’est en tout cas ce que promet Suez, qui a développé avec la start-up Fermentalg une colonne abritant des milliards de micro- algues.
 
Objectif affiché : tester l’efficacité de cette technologie en ville avant une possible commercialisation du dispositif. Deux tests sont déjà prévus cet été. L’un au milieu de la place d’Alésia dans le 14ème arrondissement de Paris, autour de laquelle circulent 72 000 véhicules par jour, l’autre à Colombes dans les Hauts-de-Seine.
 

Une tonne de CO2 capturé par an

Présenté à l’occasion de la COP21, le prototype de colonne de 4 mètres de haut et de 2,5 mètres de diamètre abrite un réservoir de 1 000 litres d’eau. À l’intérieur, des micro-algues cultivées par la start-up Fermentalg, dont le potentiel de développement est de dix à trente fois supérieur aux plantes terrestres et qui vont capturer le gaz carbonique grâce à la photosynthèse. Selon ses concepteurs, ce dispositif permettrait de fixer une tonne de CO2 par an (soit un vol pour une personne aller-retour entre Paris et Washington).
 
Au cours du processus, la colonne perd peu à peu de son efficacité. Le milieu de culture se sature et la prolifération des algues ralentit, limitant le CO2 capturé. Une partie de l’eau usagée doit alors être remplacée par de l’eau fraîche afin d’assurer le renouvellement des micro-algues. Qu’advient-il alors de l’ancien contenu ? Rien n’est gaspillé : le liquide est évacué vers une station d’épuration, où il sert à la création de biométhane, qui est ensuite réinjecté dans le réseau de gaz de ville.
 
À noter aussi : bien qu’étant en Plexiglas transparent, la seule lumière du jour n’est pas suffisante pour assurer une croissance efficace des algues. Il faut que la colonne soit reliée au réseau électrique pour alimenter des LED.
 
 

Maladies respiratoires

Sachant qu'un Français émet en moyenne plus de 7,5 tonnes de gaz carbonique par an, ce dispositif qui n'en absorbe qu'une tonne est-il pertinent économiquement ? Interrogé à ce sujet par le quotidien Le Monde , Suez insiste sur l’objectif de lutte contre la pollution de l’air : "Nous n’aurions jamais connu l’éolien si on avait stoppé les technologies à l’époque, qui coûtaient très cher elles aussi".
 
Un autre problème se pose : si les algues permettent effectivement de réduire la présence de CO2 dans l’atmosphère, principal agent responsable du réchauffement climatique, on ne connaît pas leur efficacité contre d’autres gaz tels que les oxydes d’azote (NOx), ainsi que les particules fines et métaux lourds. Or, ceux-ci sont les principaux responsables des maladies respiratoires, qui causent 48 000 morts prématurées chaque année en France.
 
Le résultat des analyses, qui devrait être disponible d'ici la fin de l'année 2017, sera donc déterminant pour juger de l’efficacité de ce projet.

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Le ballon qui génère de l'énergie

20 Janvier 2017, 18:58pm

Publié par Grégory SANT

Le Nissan Electric Café offre une tribune à la co-fondatrice de Zéphyr, une startup qui ambitionne de capter de l’énergie solaire à l’aide de ballons à gaz...

Produire de l’énergie avec des ballons de baudruche, ça peut paraître gonflé…

Et pourtant, c’est plus ou moins l’ambition du projet Zéphyr. Pour tout savoir sur cette startup, rendez-vous dimanche 18 décembre à 14h00 au Nissan Electric Café : vous pourrez assister à l’intervention de Julie Dautel, co-fondatrice de cette jeune pousse issue de l’incubateur HEC. Après une brève présentation du projet, vous pourrez poser toutes vos questions à la jeune startuppeuse. Elle vous expliquera comment elle ambitionne de fournir en électricité les populations les plus reculées et les plus défavorisées du globe, à l’aide de ballons photovoltaïques gonflés à l’hydrogène, qui flottent dans le ciel pour y capter l’énergie solaire. Une idée qui ne manque pas d’air pour des sociétés qui manquent de toitures.

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L'arbre à vent : l'éolienne design

12 Décembre 2016, 20:15pm

Publié par Grégory SANT

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Des éoliennes volantes en 2020

28 Septembre 2016, 18:17pm

Publié par Grégory SANT

Bladetips Energy: vers des éoliennes volantes, plus légères, plus compactes et plus rentables.

Issu du laboratoire Grenoble Image, Parole, Signal, Automatique(1), le projet Bladetips Energy développe un nouveau système volant d'éolienne offshore, basé sur l'élimination d'éléments constitutifs d'une éolienne classique et l'utilisation de drones. Une technologie plus légère qui, tout en allant plus haut dans le ciel, réduit de 60 % le coût de cette énergie renouvelable.

Une base surmontée d'un interminable mât coiffé d'immenses pales, telle est l'allure des éoliennes offshore standards à laquelle l'imaginaire collectif se réfère. Ces silhouettes longilignes pourraient pourtant prochainement connaître une transformation radicale qui doit tout à une innovation de rupture. Le projet Bladetips Energy, issu du laboratoire Grenoble Image, Parole, Signal, Automatique (CNRS/Grenoble INP/Université Grenoble Alpes) et porté par les chercheurs Rogelio Lozano et Thibault Cherqui, propose de faire voler les éoliennes à la manière d'un cerf-volant !

Alors que l'unique fonction de la base, de la tour et de la partie centrale d'une éolienne offshore standard est de la maintenir de façon stable à la verticale, ces éléments sont responsables de la plus grande partie des coûts globaux de la structure. Ce qui explique le peu de compétitivité de cette énergie renouvelable par rapport aux énergies carbonées. Bladetips Energy révolutionne l'approche et se concentre sur la partie de l'éolienne qui participe à la génération d'énergie: l'extrémité des pales. Exit la tour et la partie centrale du rotor, place à un système de câbles reliant des pales plus réduites et s'envolant grâce à l'action de rotors ! Le système élimine 80 % de la matière par rapport à une solution traditionnelle produisant 2 MW et ne pèse plus que 200 tonnes. Chaque pale balaie la même surface que le dernier tiers des pales d'une éolienne classique de même puissance. Le câble central qui retient l'éolienne au sol s'enroule autour de l'axe d'une dynamo et ce sont les mouvements de va-et-vient du système soumis aux vents qui produisent de l'énergie. A charge aux drones d'assurer son maintien en l'air et le contrôle de sa trajectoire.

Plus petite et plus légère, cette éolienne d'un type nouveau se transporte plus facilement et se contente d'une base flottante compacte. Son expédition dans des containers classiques en est grandement facilitée. Autre point fort de la technologie: alors que les structures actuelles s'arrêtent aux alentours de 80 m, le système Bladetips Energy s'élève à une altitude située entre 100 et 300 m, là où les vents sont plus forts et plus réguliers. Grâce à la réduction du poids des matériaux, à l'élimination de l'entretien habituellement nécessaire pour la structure centrale et à l'augmentation de la puissance des vents captés, la solution proposée par Bladetips Energy réduit le coût de 60 %.

Depuis 2010, dix prototypes se sont succédé et le projet atteint aujourd'hui une maturité technologique (TRL) de niveau 4. En décembre 2015, Bladetips Energy a obtenu le Prix spécial du jury au concours EDF Énergie Intelligente. Début 2016, les chercheurs ont présenté leur innovation au World Future Energy Summit d'Abu Dhabi (Emirats arabes unis), sommet de référence sur les nouvelles énergies et leurs développements. Une start-up, exploitant un brevet français(2) détenu par Grenoble INP, a été créée mi-juin 2016, et bénéficie d'un accompagnement en incubation par la SATT Linksium. Un début de commercialisation du produit est espéré pour 2020.

Source : techno-science.net

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Des jardins qui recyclent les eaux usées

15 Juin 2016, 19:33pm

Publié par Grégory SANT

L'allée de l'énergie (Crédit : DR)

De la douche aux WC, au jardin: des chercheurs créent un réseau local de recyclage d'eau

Thomas Hillenbrand (Crédit : DR)

Pour parvenir à ce résultat, son équipe de dix chercheurs, associée à 16 partenaires (entreprises, collectivités...), s’est penchée pendant trois ans sur ce problème : Comment mettre au point un système écologique répondant aux besoins de rénovation d'un îlot d'immeubles de Lünen ?

Cent-vingt appartements, habités par environ 250 personnes, sont concernés. Désormais, les eaux usées y sont directement séparées en eaux grises, peu chargées en matières polluantes (vaisselle, douche, bains…), et en eaux noires, qui contiennent les matières fécales, les produits industriels ou cosmétiques d’un ménage.

Les premières sont envoyées vers un réservoir installé dans la cave, à travers un nouveau système de tuyauterie. Là, elles sont nettoyées à 25 ou 30 degrés, ce qui permet au passage de chauffer en partie les bâtiments. Elles sont ensuite récupérées afin d'être réutilisées pour les chasses d'eau. Ainsi, nul besoin de les purifier.

Les eaux noires, issues des toilettes, des machines à laver ou des lave-vaisselles, restent elles aussi dans le voisinage : Au lieu d'être envoyées vers une station d'épuration, elles viennent alimenter une allée végétale, au pied des immeubles.

Schéma (Crédit : DR)

En apparence, ce dispositif baptisé Energieallee ressemble à n'importe quel parterre de plantes. À une différence près : sous ses platebandes, on trouve des sillons au sein desquels circulent les eaux usées.

Ces eaux sont purifiées grâce aux bactéries présentes dans les racines de plantes marécageuses (osiers, roseaux...). C'est le principe de la phytoépuration, encore peu mis en pratique en milieu urbain (faute d'espace), qui voit des bactéries transformer des déchets en matière assimilable, tout en oxygénant les bactéries, et donc la terre, en retour.

Selon Thomas Hillenbrand, les coûts d'installation d'un tel système seraient amortis en huit à dix ans. Le chercheur va même plus loin :

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