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histoire des sciences et du design

Quand l'informatique entrait dans les usines

3 Septembre 2018, 17:00pm

Publié par Grégory SANT

[Retour vers le Futur] Quand les ordinateurs faisaient leur entrée dans les usines
 
 

Pourrions-nous imaginer un environnement de travail sans ordinateurs ? Difficile, aujourd'hui, de se priver de l'informatique tant son usage est devenu indissociable de notre quotidien dans une écrasante majorité de professions. Au début des années 80, son arrivée au sein des entreprises faisait office de véritable révolution dans la production. Dans son numéro de septembre 1983, Industries & Techniques (notre nom d'alors) consacrait un dossier de 10 pages à cette nouvelle vague technologique et détaillait ses nombreux avantages. Le magazine optait pour un titre de couverture sous la forme d’une injonction amusée : « Tôt ou tard, vous viendrez aux micro-ordinateurs ». Aujourd'hui, cela a de quoi faire sourire. Mais à l'époque, l’Hexagone affichait un taux d'équipement très en deçà de ses voisins européens : en 1982, ce sont environ 150 000 ordinateurs, principalement des machines 16 bits, qui ont pris le chemin des entreprises françaises, contre 300 000 pour la Grande-Bretagne et 390 000 pour la République Fédérale Allemande (RFA). Et parmi les secteurs ayant fait l’acquisition de ces nouvelles machines, l’industrie ne représentait un taux d’équipement que de 38 %, contre 62 % pour les applications dans le domaine de la gestion et de l'archivage. Rien de bien glorieux, mais l'engouement pour une production plus informatisée était bien là : « Toutes les entreprises sont touchées par le phénomène micro-informatique, mais à des degrés divers », écrivait notre journaliste.

Les PME en quête de souplesse

Contrairement à ce que l’on peut imaginer, ce sont les PME qui ont accéléré le mouvement. Les entreprises de 20 à 100 salariés représentaient  31% du marché, en nombre, des micro-ordinateurs installées dans l’Hexagone. Les petites et moyennes entreprises montrent donc une forte capacité à intégrer de nouvelles solutions. « Elles sont favorisées en cela par leur structure plus simple, plus souple et par une moindre inertie vis-à-vis des méthodes de travail et des engagements financiers qui en découlent », exposait Industries & Techniques. Depuis ses débuts dans les entreprises, l’informatique a naturellement répondu à un besoin de souplesse et de flexibilité de la production. Avec le recul, nous pourrions dire que c’est essentiellement ce même besoin que nous retrouvons dans l'actuelle transition digitale et l'usine 4.0. Qu’elle s'appuie sur une architecture 16 bits ou qu'elle soit nourrie par les algorithmes de l'intelligence artificielle, l'informatique représente toujours un fabuleux outil afin d'ouvrir des perspectives nouvelles de production...Tôt ou tard, vous y (re)viendrez!

 

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L'Oeuf créée par Paul Arzens en 1940

13 Juin 2018, 18:41pm

Publié par Grégory SANT

[Diaporama] Dans les smartphones de la rédaction
cocorico ! Baptisée L’OEuf, la bulle de verre et d’aluminium de Paul Arzens, perchée sur trois roues, pouvait atteindre à 80 km/h dans les années 1940.

 

 

 

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Comment voyait-on 2018 en 1968

25 Mai 2018, 18:06pm

Publié par Grégory SANT

"2001 : l’odyssée de l’espace", le grand film de science-fiction de Stanley Kubrick sort en septembre 1968, année visionnaire. (Crédit : Distributeur Warner Bros. France)
"2001 : l’odyssée de l’espace", le grand film de science-fiction de Stanley Kubrick sort en septembre 1968, année visionnaire. (Crédit : Distributeur Warner Bros. France)
Les jeunes insurgés de mai scandaient : "Cours camarade, le vieux monde est derrière toi." Le nouveau monde, sans doute pas celui auquel ils rêvaient, germait alors dans les laboratoires. Promettant des chambardements d’une autre nature et plus amples que ceux de cette année 1968… qui en fut pourtant prodigue.
"Confort, progrès, gadgets : l’équipement ménager se perfectionne d’une année à l’autre. Jusqu’où cela ira-t-il ? Pensez-vous qu’en l’an 2000, votre façon de vivre sera encore modifiée par de nouveaux progrès de la technique ?" 8  mars 1968. À La Défense, vient de s’ouvrir le 35e salon des Arts ménagers (avant le grand ménage de mai), et une équipe de ­Panorama, magazine hebdomadaire de l’ORTF, se livre au convenu micro-trottoir.
 
Réponse de la première "ménagère" interrogée : "Pour vos volets, vous appuyez sur un bouton, ils s’ouvrent et ils se ferment. Même chose pour la télé, de loin, vous pouvez l’allumer et la fermer. De même, vous mettez un poulet à rôtir dans le four, il y a une minuterie qui l’arrête, que voulez-vous de plus ?"
 
Plus visionnaire, sa voisine : "Je vois, moi, un robot-moteur unique et beaucoup de petits appareils qui se brancheront sur ce moteur." Si l’on avait pu dire à cette femme qu’elle venait ainsi d’imaginer les futurs objets connectés !
 
Pour une autre : "Ne rien faire et laisser faire les robots à ma place, voilà comment je vois ma maison." Sceptique en revanche, cette visiteuse : "Ça n’arrivera pas, il n’y aura pas de machines qui vous diront "aujourd’hui c’est ceci, c’est cela”, non ça n’arrivera pas."
 

La vie à domicile

Cet an 2000, ce XXIe siècle à la fois si lointain et si proche, les réalisateurs de Panorama ont choisi, pour le visualiser, un documentaire futuriste américain montrant ce que sera alors la vie d’une famille at home.
 
Le cerveau électronique est le centre nerveux de la maison. Chaque matin, contrôle médical par un œil électronique qui effectue un examen complet et détermine automatiquement l’état général et le nombre d’exercices nécessaires pour garder la forme.
 
Mike, le père, astrophysicien, n’a plus besoin de se rendre à son laboratoire pour exercer son métier. En liaison avec le central de son entreprise, il peut recevoir et envoyer tous les documents utiles.
 
Pour son fils, l’école n’existe plus. Trois matins par semaine, un enseignement audiovisuel lui est programmé directement dans sa chambre sur des écrans récepteurs géants.
 
Karine, la mère, quant à elle, ne se déplace plus pour faire ses courses. Elle consulte de chez elle le catalogue de ses fournisseurs et passe commande sur un pupitre écran. Les factures, comme dans l’ancien temps, arrivent toujours au mari bien sûr (le réalisateur n’a pas anticipé l’évolution de la condition féminine !), mais plus vite.
 
Il peut à tout moment vérifier l’état de son compte et obtenir une photocopie de ses pièces comptables. La poste, le facteur sont des notions périmées. Un appareil à correspondance permet de transmettre, n’importe où dans le monde, des textes écrits au stylo.
 

Le Général de Gaulle

Pour les repas, la machine décide. "Mike, que voudrais-tu pour le dîner ? " "Un hamburger au fromage avec des frites et une bière bien fraîche"."Mike, la machine répond que cela correspond à 400 calories au-dessus de ce qui t’est permis". Et la "machine" de proposer illico un menu de remplacement.
 
Il faut alors deux minutes à Karine pour préparer le repas, ou plutôt pour demander à la machine de le faire. Les plats surgelés arrivent automatiquement de la chambre froide (elle contient pour six mois de vivres) à travers le réchauffeur à infrarouge.
 
Il n’y a plus qu’à servir. Après le repas, on peut pianoter – sans savoir jouer du piano – sur un clavier électronique. Ou consulter la météo instantanée en vue de la prochaine sortie. Avant le coucher, les vêtements, une fois rangés dans la penderie, sont nettoyés automatiquement.
 
"Voilà comment vous vivrez au XXIe siècle, commente le journaliste de Panorama. Mais est-ce que vous avez envie de vivre de cette façon ? " Parmi les réponses enregistrées, celle de cet homme reflète le conservatisme hexagonal de l’époque  :
       
"Eh bien, le jour où je ne pourrai plus m’asseoir autour d’une belle table et où ma petite ménagère [sic] ne m’aura pas préparé un plat que je trouverai succulent, le jour où ce plaisir me manquera, je crois que j’aurai beaucoup perdu, Monsieur. Je ne suis pas contre le progrès, il existe. D’accord, on va vite, mais on doit faire attention. Même au siècle de l’aéronautique, au siècle de la fusée qui ira sur la Lune, la cuisine, je peux en parler car je suis ancien cuisinier, c’est un peu comme au siècle des diligences : il faut avoir de la patience pour avoir un très bon résultat".
 

Plus de cancer, ni de chômage, ni de guerre

Ce Français, comme peut-être une majorité des visiteurs de ce salon des Arts ménagers de 68, correspondait encore à l’archétype du citoyen de "ce vieux pays tout bardé d’habitudes et de circonspection" que le général de Gaulle, dans son allocution télévisée du 14  juin 1960, avait décidé de transformer en pays moderne.
 
"Je ne sais pas si le mot “télévision” correspondra à cette circulation extraordinaire, nouvelle et libre qui impliquera la participation active des utilisateurs. Je ne trouve pas de mot." (Crédit : DR)
"Je ne sais pas si le mot “télévision” correspondra à cette circulation extraordinaire, nouvelle et libre qui impliquera la participation active des utilisateurs. Je ne trouve pas de mot." (Crédit : DR)
Mais, en cette année 1968 que le même de Gaulle saluait "avec satisfaction" et envisageait "avec confiance" lors de ses vœux du nouvel an, comment les Français, en dehors de leur environnement domestique, imaginaient-ils les grands changements du début du XXIe siècle ?
 
Un sondage publié cette année-là les montre plutôt optimistes et confiants dans la toute-puissance de la technologie et de la science. Parmi les grands progrès qui seront, selon eux, accomplis, trois se dégagent : la guérison du cancer, la fin de la guerre et celle du chômage (si la France est alors à l’apogée des Trente Glorieuses, le nombre de 550 000 sans-emploi commence à inquiéter…).
 
Dans le domaine de la santé, ils sont effectivement 84  % à croire que le cancer sera vaincu. Mais 78  % à estimer qu’il y aura davantage de malades mentaux. Dans le secteur du voyage, 68  % des sondés sont convaincus qu’il ne faudra pas plus d’une heure pour voler de Paris à New York (le Concorde, qui pourra le faire en trois heures, n’effectuera son premier vol d’essai qu’en 1969). Ils sont seulement 29  % à envisager que l’on pourra régulièrement aller sur la Lune (nous sommes à un an du premier pas ­d’Armstrong).
 
Pour 67  %, le pays disposera de 10 000 km d’autoroutes. Ils sont 6 4 % à penser que douanes et passeports seront supprimés et, à la question : "L’Europe ne formera-t-elle plus qu’un seul pays ?", les oui et les non sont à égalité.
 
Mais ce résultat fait quand même des Français le peuple le plus optimiste des pays européens. C’est en ce qui concerne les professions d’avenir qu’ils se montrent le moins imaginatifs : il y aura plus de professeurs, de médecins, de policiers et de fonctionnaires…
 
 

Rattraper les États-Unis

Si la moitié des Français croient en une future Europe unifiée, cette Europe ne sera forte que si elle a entre-temps comblé en partie son retard sur les États-Unis. C’était le thème du Défi américain, le best-seller de Jean-Jacques Servan-Schreiber, paru à l’automne 1967.
 
C’est celui de la 3e Conférence des ministres de la Science de l’OCDE, qui s’est tenue à Paris en mars 1968. "L’Europe voudra-t-elle entendre ces vérités ?", se demande le mensuel Science & Vie.
     
"La plupart des justifications que nous apportons à notre retard économique et technologique par rapport aux États-Unis ne résistent pas à l’examen. Elles servent en fait de prétexte à notre immobilisme, tranquille ou découragé."
   
D’après l’auteur de l’article, le retard de l’Europe scientifique n’est dû ni à l’absence de chercheurs (ils sont plus nombreux qu’aux États-Unis par rapport à la population active), ni à l’argent investi ; il ne se situe pas au niveau de l’invention mais de l’innovation, c’est-à-dire de l’utilisation des découvertes et de leur rentabilité.
     
"Une fois ce défi relevé, on pourra enfin concevoir une véritable stratégie européenne qui aura des chances d’être efficace."
 
 

"Système 24"

Restons en compagnie de Science & Vie dont les douze numéros de 1968 offrent au moins autant de thématiques exprimant les espoirs que les craintes concernant le futur… et dont la récurrence – pour certaines – se poursuit dans les pages de We Demain.
 
"En brûlant les combustibles fossiles, nous entamons notre réserve d’oxygène", tel est le titre choisi pour le rapport présenté par le professeur Lamont C. Cole à l’assemblée annuelle de l’American Association for the Advancement of Science.
 
En ne tenant pas le développement pour une nécessité, ce spécialiste d’écologie prend le contre-pied de l’idée dominante, s’inquiète des plans d’expansion et estime qu’il y a déjà trop d’hommes sur la Terre.
 
Si l’humanité continue dans cette voie, alerte-t-il, elle ne détruira pas seulement son milieu, elle ne se bornera pas à ruiner ce qui fait le décor de sa vie, elle finira par s’empoisonner elle-même.
 
Autre titre intriguant : "Système 24. Comment la deuxième révolution industrielle est en train de naître de l’autre côté du Channel ".
 

 

Le rapport prévoyait que la population mondiale (3,55 milliards en 1968) atteindrait 8 milliards en 2100. On parle aujourd’hui de 9 milliards en 2050. (Crédit : Flickr / ThisParticularGreg)
Le rapport prévoyait que la population mondiale (3,55 milliards en 1968) atteindrait 8 milliards en 2100. On parle aujourd’hui de 9 milliards en 2050. (Crédit : Flickr / ThisParticularGreg)
"Enfin, écrit l’auteur de cet article, les systèmes informatiques vont être appliqués aux processus de fabrication par lots qui n’ont pratiquement pas changé depuis la première révolution industrielle. Toute la conception, toute l’organisation des usines vont être bouleversées. De quoi s’agit-il exactement ? Le "Système 24", ainsi appelé parce qu’il travaille 24 heures sur 24, est une nouvelle méthode de fabrication par lots, 90 % moins chère et trente fois plus rapide que les méthodes classiques, qui fait appel à un huitième du personnel et demande 85 % d’espace de moins. Sept machines-outils remplacent plus de 300 machines classiques. Ce système est actuellement mis en place dans les usines Molins à Londres : il a été conçu conjointement par Molins et IBM."
    
On aura compris que l’ensemble des opérations s’effectuera grâce à un ordinateur, et pour le Dr Ian Nussey, d’IBM, le "Système 24" est d’application universelle et "pourrait constituer le principe même de fabrication par lots pour le reste de ce siècle, voire au-delà". Panacée libérale.
 
 

La naissance d’internet

En France, au cours de l’émission télévisée Eurêka, Jean d’Arcy, directeur des moyens audiovisuels de l’Onu, après avoir été le patron de la télévision française, pressentait le phénomène.
 
Assurant que "la possibilité, pour les téléspectateurs, de choisir eux-mêmes les images et les sons qu’ils désirent, non seulement pour leur distraction mais pour tous les actes pratiques de la vie, était la révolution de l’avenir".
     
Il ajoutait  : " Je ne sais pas si le mot “télévision” correspondra à cette circulation extraordinaire, nouvelle et libre qui impliquera la participation active des utilisateurs. Je ne trouve pas de mot. J’attends des professionnels de la langue qu’ils en trouvent un nouveau qui définira cette révolution."
     
Il faudra attendre 1972 pour qu’apparaisse le mot « Internet » qui, pour écran, aura "choisi" celui de l’ordinateur. La révolution, effectivement. L’autre, celle rêvée sur les barricades de mai 68, devra encore attendre.
 
Dans Le Fait Public, mensuel créé par les journalistes de l’ORTF virés à la suite de leur longue grève de mai, le jeune physicien et chanteur, Évariste (voir We Demain n°13), avait "mathématiquement" prévu  : " En 2008, la révolution triomphera." 

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Cygnan le robot des années 50

30 Avril 2018, 18:13pm

Publié par Grégory SANT

 

Cygan

Un robot qui nous provient des années 50 fait parler de lui car bientôt mis en vente aux enchères. Venu d’un autre temps, la machine a su traverser les âges.

On entend régulièrement parler de nouveaux robots qui présentent chacun leurs particularités et leurs fonctions. Mais, comme vous le savez sûrement, la robotique n’est pas un secteur qui vient de naitre, c’est ce que Cygan nous rappelle. Mais qui est Cygan (aussi appelé Gygan) ? C’est un robot construit dans les années 50, sa stature et son look nous rappellent qu’il y a 60 ans, la vision du robot était bien différente de maintenant.

Made in Italy

Pour être plus précis, Cygan a été construit en 1957 en Italie pour être exhibé à Londres l’année suivante. L’imposant compagnon robotique pèse près d’une tonne et mesure plus de 2m40. La machine peut se déplacer en avançant, reculant et tournant à gauche et à droite et elle peut bouger ses bras. D’autres fonctions semblent avoir été ajoutées comme la possibilité de broyer une boite de conserve avec les pinces qui lui servent de mains, de bouger sa tête de gauche à droite ou encore d’éclairer des lumières qui lui servent d’yeux (pour montrer qu’il est content ?).

Old School

Cygan tourne grâce à une batterie 28 volts, 170 soupapes et 13 moteurs électriques. Il a réussi à traverser les âges et fonctionne toujours. Ce robot old school est un véritable monument, dans tous les sens du terme. Il représente une certaine vision du robot serviteur tel qu’on l’envisageait il y a 60 ans, une vision un peu à côté de la réalité mais une vision qui a permis de bâtir les fondations qui nous mènent où nous en sommes actuellement.

 

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La salle à manger pivotante de Néron

28 Novembre 2017, 17:02pm

Publié par Grégory SANT

 

reconstitution salle à manger tournante néron domus aurea
Reconstitution de la salle à manger pivotante de la Domus Aurea © CNRS

La Domus Aurea fut le palais d’apparat de l’empereur Néron, bâti à Rome à partir de 64 ap. J.-C. Célèbre pour ses peintures découvertes à la toute fin du XVe siècle, elle a également frappé les auteurs contemporains qui l’ont souvent évoquée, mentionnant en premier lieu l’un de ses éléments les plus étonnants, une salle à manger qui tournait sur elle-même.

Un tel divertissement ne pouvait que susciter la curiosité et la légende. Longtemps placée dans les vestiges de la Domus sur le Mont Oppio, des fouilles récentes (2009 et 2014) sur la colline du Palatin ont révélé ce qui constituent très certainement les restes de cette pièce particulière.

coupe colline palatin barberini salle à manger pivotante néron
Coupe de la colline du Palatin avec les éléments découverts © J. Schodet – 2011

Placé sur le site appelé aujourd’hui la Vigna Barberini, le plancher de la salle à manger était actionnée par un ingénieux système de roulement à billes et reposait sur un puissant système d’arcs. La rotonde élevée au-dessus pouvait donc tourner continuellement, comme le raconte Suétone, et suivre le mouvement de la Terre, en offrant une vue à 360° aux hôtes privilégiés de ce lieu.

salle à manger tournante néron dodus aurea rome
Hypothèse de reconstitution de la salle à manger © J. Schodet – 2011

Une vidéo réalisée par le CNRS, co-responsable des fouilles, résume la découverte et donne à voir la reconstitution imaginée de la salle à manger :

Pour en savoir plus sur la Salle à manger, on peut consulter l’article de Françoise Villedieu, en charge des fouilles à Rome ou encore le site du Centre Camille Jullian, qui résume l’état de la recherche et concentre de nombreuses informations particulièrement intéressantes sur cette découverte exceptionnelle pour l’Histoire romaine et l’histoire des techniques.

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Les flops de l'aviation

4 Septembre 2017, 20:20pm

Publié par Grégory SANT

Le H-4 Hercules d’Howard Hugues. © Domaine public
La machine volante du professeur Wellner. © Domaine public
L’« ornithoptère » d’Edison. © D’après le Daily Graphic

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Des bétons romains de 2000 ans ultra-résistants

5 Juillet 2017, 19:46pm

Publié par Grégory SANT

Des bétons romains de 2000 ans ultra-résistants

L’un des mystères fascinants de la Rome antique est la longévité impressionnante de certaines de leurs structures portuaires en béton. Battues par les vagues pendant 2 000 ans, ces structures sont toujours là, plus résistantes que jamais et bien plus que le ciment Portland. Alors, quel est le secret ?

Tandis que nos structures modernes en béton marin s’érodent en quelques décennies, piliers et brise-lames vieux de 2000 ans tiennent encore debout et semblent plus résistants que jamais. Quelle chimie se cache alors derrière ce phénomène ? Serait-ce une sorte de vieille recette de grand-mère du bâtiment perdue depuis aux moins deux millénaires ? Non seulement le béton romain est plus durable que tout ce que l’on peut faire aujourd’hui, mais il devient aussi plus fort au fil du temps. Pour Marie Jackson, géologue de l’université de l’Utah, l’ingrédient miracle ne serait autre que l’eau de mer qui, en filtrant à travers le béton, mène au développement de minéraux entrelacés qui renforcent la cohésion du béton romain.

 

Le béton moderne est généralement réalisé avec du ciment Portland, un mélange de sable de silice, de calcaire, d’argile, de craie et d’autres ingrédients fondus. Au final, cet agrégat doit être inerte, car toute réaction chimique indésirable peut provoquer des fissures dans le béton, entraînant l’érosion et l’effondrement des structures. C’est pourquoi le béton n’a pas la longévité des roches naturelles. Mais ce n’est pas ainsi que fonctionne le béton romain.

Les Romains fabriquaient en effet leur béton en mélangeant des cendres volcaniques avec de la chaux et de l’eau de mer pour former un mortier. Ils incorporaient ensuite des morceaux de roches volcaniques pour former l’agrégat dans le béton. Une recette inspirée des gisements de cendres volcaniques naturellement cimentés du côté de Naples. La matière obtenue fut notamment utilisée dans de nombreuses structures architecturales, y compris les marchés du Panthéon et de Trajan à Rome. Des structures maritimes massives protégeaient également les ports et servaient d’ancrages étendus pour les navires et les entrepôts.

Pour comparer les deux types de béton, les chercheurs ont ici recueilli des échantillons de béton maritime romain le long de la côte italienne. Ils ont ensuite cartographié les échantillons à l’aide d’un microscope électronique et ont ensuite effectué des analyses de microdiffraction et de microfluorescence au Lawrence Berkeley National Laboratory, en Californie. Par ces techniques avancées, ils ont ainsi pu identifier tous les grains minéraux produits dans le béton ancien au cours des derniers siècles.

Cartographiant les minéraux présents, la succession des différents cristaux produits et leurs propriétés cristallographiques, les chercheurs ont constaté que l’Al-tobermorite et un autre minéral associé à la zéolite, le Phillipsite, se formaient dans la matrice de cimentation. Difficiles à synthétiser en laboratoire, ces minéraux se développent dans le béton grâce à l’eau de mer qui les entoure, dissolvant lentement les cendres volcaniques à l’intérieur et leur donnant de l’espace pour développer une structure renforcée à partir de ces cristaux entrelacés.

Alors, partant du principe que le béton romain est plus résistant et plus durable que le béton moderne qui produit au passage des émissions importantes de dioxyde de carbone, pourquoi ne pas reprendre tout simplement cette ancienne recette ? « Parce que la recette du béton romain est à jamais perdue », explique la géologue. Les Romains ont en effet bénéficié d’un certain type de roche volcanique très rare de nos jours. « Il faudrait donc trouver des alternatives avec d’autres roches », note Mary Jackson. « Mais vous n’obtiendrez jamais le même résultat ».

 

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L'inventeur de l'email et d'arobase est mort

7 Mars 2016, 19:06pm

Publié par Grégory SANT

Cet ingénieur américain a révolutionné l'informatique en envoyant le premier courrier électronique en 1971. Il est décédé samedi à l'âge de 74 ans.

Il n'a jamais eu la renommée d'un Steve Jobs ou d'un Mark Zuckeberg. Pourtant, Ray Tomlinson a contribué de manière décisive à l'essor de l'informatique. L'ingénieur, considéré comme l'un des précurseurs de l'e-mail, s'est éteint samedi à l'âge de 74 ans.

Cet ingénieur américain a longtemps travaillé au sein de la société BBN (Bolt, Beranek, and Newman) qui a développé Arpanet, le réseau informatique qui préfigure Internet.

A l'origine, ce réseau fondé par le gouvernement américain reliait entre elles plusieurs organisations de recherche, rappelle Slate. Si les chercheurs s'échangeaient des messages dès les années 1960, ils ne le faisaient sur un seul et même ordinateur, sur lequel ils pouvaient se connecter à distance.

Source : lexpress.fr

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L'évolution de la Porsche 911 sur 50 ans

15 Février 2016, 18:16pm

Publié par Grégory SANT

Pour beaucoup, la Porsche 911, c'est avant tout une silhouette. Car cette dernière, tout en s'étant considérablement modernisée pour suivre l'air du temps, n'a que subtilement évolué depuis le lancement de la première génération en 1964.

La chaîne YouTube Donut Media vient de publier une animation retraçant l'évolution du design de la sportive iconique. Découvrez-la en vidéo !

A chaque époque sa 911

Chaque génération de 911 présentée dans le clip est accompagnée par certaines caractéristiques intéressantes (puissance, poids et tarif américain au lancement, mais aussi une couleur typique du catalogue de l'époque), ainsi que par des extraits sonores permettant d'entendre le son du moteur ou les commentaires d'exploits sportifs.

Source : autoplus.fr

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Le bateau à hélice qui remonte au vent

5 Février 2016, 17:27pm

Publié par Grégory SANT

C’est l’histoire d’un bateau qui fait ses premiers pas sur la terre ferme. Son hélice se trouve en plein air et il avance face au vent. Une histoire drôle ? Non. Mais une drôle d’histoire, à coup sûr, qui s’étend sur une douzaine d’années, avec la Seine et Meudon pour décor principal.

Tout commence en 1910. Un dénommé Constantin, inventeur de son état, mais dont l’identité précise se dérobe devant l’historien, met au point un curieux véhicule. L’Office des inventions en a archivé a posteriori une description sommaire, celle « d’un petit chariot qui, mû par une petite turbine aérienne placée à l’avant, avançait contre le vent ». Pause dans le récit pour comprendre : il s’agissait bel et bien d’utiliser le vent pour avancer… contre le vent !

Un mécanisme appliqué à la propulsion des bateaux

Les années passent, quatre de paix, quatre de guerre, avant le retour du système Constantin sur le devant de la scène. Alphonse Dalloz, employé de l’Office, relate cette renaissance, avec juste ce qu’il faut de flagornerie : « La guerre avait fait oublier ce petit paradoxe mécanique, mais après l’Armistice, lorsqu’il fallut orienter les inventions vers des travaux pacifiques, M. Breton vit immédiatement l’intérêt qu’il y aurait à rechercher si le mécanisme pouvait s’appliquer à la propulsion des bateaux. Cette idée paraît simple en elle-même, mais il fallut à M. Breton, en plus de sa clairvoyance habituelle, un certain courage pour la faire mettre en œuvre. »

La poussée de l'hélice propulsive

Avec Alphonse Dalloz à ses côtés, Jules-Louis Breton s’attelle donc à la tâche. Le problème paraît simple, en effet : le vent de face s’engouffre dans une turbine qui actionne l’hélice faisant avancer le navire. Il se complique néanmoins au moment d’examiner les forces en présence : d’une part la poussée du vent sur la turbine et sur le bateau, ainsi que la résistance de l’eau et de l’air, et, d’autre part, « la poussée de l’hélice propulsive qui doit non seulement équilibrer les autres, mais doit les vaincre ».


Le bateau à hélice. © CNRS Photothèque / Fonds historique

Une longue série d’essais sur des maquettes permet de venir à bout de l’épineux problème. Puis arrive le résultat : un modèle réduit est mis à l’eau et « remonte par vent d’ouest à la fois la Seine et le vent ». Dans la foulée, devant les Meudonnais médusés, un radeau est équipé de plusieurs hélices avec le même succès. Un navire de six tonneaux, Le Bois rosé, est ensuite mis à l’eau le 4 novembre 1921 entre les ponts de Sèvres et de Saint-Cloud en présence de « sénateurs, députés, membres de l’Institut, représentants des ministères de la Guerre, de la Marine, des Colonies, des Travaux publics, des membres de la presse embarqués sur un bateau parisien ».

Aux frontières de l’absurde

L’évènement est inscrit à l’actif de Jules-Louis Breton : « Le bateau, ainsi équipé, s’est montré d’une souplesse admirable de manœuvre ; un seul homme suffit à le conduire entre Sèvres et Saint-Cloud, au milieu de la navigation active du fleuve, malgré le courant de la Seine ». Et Alphonse Dalloz apporte l’immanquable morale de l’histoire : « On ne doit jamais rejeter a priori un système mécanique qui n’est pas complètement absurde », note-t-il dans le rapport des expériences.

Restent enfin les bémols : le dispositif ne convient évidemment qu’aux petites embarcations et implique un équipement aussi coûteux qu’encombrant. En outre, il ne se prête qu’à des types bien particuliers de moyens de transport, utilisés à l’interface de l’air et d’un liquide – l’eau – ou d’un solide – la terre. Inutile en somme d’espérer voir un jour un sous-marin utiliser les courants marins de la même manière, ni un avion avancer avec la seule force du vent contre le vent !

Source : futura-sciences.com

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