Des poussières électroniques communicantes
Deux équipes de recherche étudient la possibilité de mettre en oeuvre des micropuces « intelligentes ».
Toujours patente aux Etats-Unis, la peur d'attaques terroristes à l'arme chimique ou biologique a stimulé la recherche sur les dispositifs d'alerte. L'un des plus innovants, imaginé par une équipe de l'université de Californie, San Diego, qui a publié ses travaux dans Nature Materials, préconise l'utilisation de micropuces siliconées à pulvériser dans l'air ou à intégrer à des peintures pour intérieurs. Traitées chimiquement pour détecter un certain nombre de substances, elles peuvent être « lues » par un laser portatif . Mais pour la mise en oeuvre de véritables « poussières intelligentes », capables de récolter et de transmettre de l'information à partir d'un grain de quelques millimètres cubes, et de surcroît autonomes en énergie, voyez plutôt les travaux de Kristofer Pister, de l'université de Californie à Berkeley. Ses smart dusts, puces de silicium équipées de capteurs, senseurs, processeurs, radios et générateurs qui forment, par leur nombre, un réseau communicant, ont un air de science-fiction mais des potentialités bien réelles. Financées partiellement par la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) de l'armée américaine, elles ont d'abord été conçues pour le théâtre d'opérations. Larguées d'un avion à haute altitude, les smart dusts pourront enregistrer les déplacements des véhicules ennemis. Dans le civil, elles serviront à la surveillance de l'environnement ou des bâtiments, jusqu'au monitoring médical (injectées dans le corps d'un patient).
Par Christophe Dupont et Aline Richard Pour : larecherche.fr