Pousse-Lègume : le potager entre dans la cuisine

Un petit creux ? Et si vous alliez directement cueillir une salade fraiche à côté de votre frigo ? Dans la cuisine du futur, des potagers individuels s’encastreront comme d'autres appareils électroménagers. C’est en tout cas le pari de Pousse Légume. Le cinq étudiants fondateurs de cette start-up ont conçu un potager connecté Made in France aux mêmes dimensions qu’un four traditionnel.
Ils ne sont pas les premiers à avoir inventé un potager connecté domestique, mais les modèles existants ont plutôt la taille d'une jardinière. Celui-ci, plus grand, permet d’installer deux plateaux à l'intérieur. Sur chacun d'eux, l’utilisateur peut planter jusqu’à 12 plantes. L’appareil permet ainsi de récolter "de 500 à 800 grammes de légumes tous les dix jours", assure Anthony Thirion, co-fondateur.
Des plantations variées
"Chaque espèce a une exigence différente. Il faut donc planter le même type de culture, qui nécessite les mêmes paramètres, sur chaque plateau", explique Anthony Thirion.

"La différence est que nous respectons le cycle de vie de la plante. La luminosité mime celle du soleil : une progression lente avec un pic à midi. Cette technique fonctionne avec tous les autres paramètres : humidité, température ambiante, température de l’eau, quantité de nutriments…", développe le co-fondateur.
Chaque cycle de culture nécessite 10 litres d’eau (de la plantation jusqu'à la récolte). Il faut donc remplir le réservoir à chaque fois qu’une nouvelle culture est lancée. Il suffit ensuite d’appuyer sur un bouton et le logiciel s’occupe du reste. Côté électricité, Anthony Thirion assure que le potager consomme l'équivalent de 50 euros par an, "un peu moins qu’un frigo".
L’entreprise propose plusieurs types de substrats en fonction des plantes. Pour les jeunes-pousses, elle privilégie une "absence du substrat", c’est-à-dire un support imprimé en 3D, sans terre, avec un tapis de graine déposé dessus. "Pour les aromates il vaut mieux opter pour la fibre de coco et du sable pour les oignons ou les carottes", poursuit l’étudiant-entrepreneur de Strasbourg.
Ne pas être enfermé dans un système

"Nous proposerons des graines atypiques, qu’on ne trouve pas dans les jardineries classiques, comme de la stevia, de la menthe bergamote ou chocolat, ou encore de la sauge citron", justifie Anthony Thirion.
Pour le moment, la start-up est en phase de finalisation du prototype. Elle débutera ensuite une phase de test de neuf mois avec des restaurateurs qui utiliseront le potager au quotidien.
Le potager Pousse Légume devrait être en vente courant mars 2019 pour les particuliers, à partir de 600 euros. Une application est également en cours de développement pour envoyer des alertes lorsque la culture est prête ou pour entretenir le jardin.
Reste à savoir si le goût sera le même que celui des légumes qui ont poussé au soleil.