La tour biomiétique Asian Cairns
L'infatigable Vincent Callebaut n'en finit pas d'imaginer la ville du futur. Après avoir proposé un village côtier semblable à un récif corallien, après avoir conçu une ferme bionique pour New York et Antismog, une tour parisienne dépolluante, c'est à la Chine que l'architecte visionnaire s'est intéressé.

Car là-bas, l'exode rural a pris des proportions incroyables : d'ici à 2030, environ 75 % de la population chinoise, soit près de 1 milliard de personnes, seront des citadins, avec tous les problèmes que cela entraîne en termes de transport, d'énergie, de services et de pollution. Afin de répondre à ce défi, qui se joue dès aujourd'hui, l'architecte belge a imaginé "Asian Cairns", un pôle urbain multifonctionnel écologique, "un prototype de Smart City verte, dense, connectée par les TIC et éco-conçue à partir des biotechnologies". Tout un programme.
Des empilements verticaux de galets hi-tech
Le master plan dévoile trois spirales entrecroisées représentant les trois éléments, eau, terre et feu, organisés autour de l'air se trouvant au milieu. Chacune des spirales s'enroule autour de tours mégalithiques et forme un écosystème urbain qui doit réimplanter de la biodiversité au cœur de la ville grâce à de vastes vergers publics et de champs agricoles. Des bassins de viticulture et des lagunes de phyto-épuration recycleront les eaux grises rejetées par les fermes verticales.

Les tours, qui prennent l'apparence de cairns (empilements de cailloux ou de galets) regroupent toute une mixité associant production, alimentaire et énergétique, sur les lieux mêmes de leur consommation. On y trouvera donc des logements, des bureaux pour l'activité économique, des commerces pour les services et des espaces de loisirs (auditorium, piscines).

Les éléments de chaque tour seront reliés par un boulevard vertical constituant également l'armature centrale de leur structure. Cet axe organisera les flux des résidents et des ressources. L'idée maîtresse est de densifier l'espace afin de lutter contre l'étalement urbain, synonyme de coûts de transport et de gaspillage.

Pour Vincent Callebaut, les six tours visent de nombreux objectifs, dont la diminution de l'empreinte écologique en valorisant la consommation locale par son autonomie alimentaire, le recyclage en boucle courte des déchets organiques, l'économie de territoires ruraux et de ressources en eau, ou encore la diminution du recours aux combustibles fossiles.
Bilans écologique et énergétique positifs
Structurellement, chaque galet est constitué d'anneaux d'acier cintrés autour de double-ponts horizontaux. Les anneaux sont reliés à la colonne vertébrale centrale par des poutres Vierendeel (profilé à treillis comportant entre ses membrures des jours carrés) qui permettent un maximum de modularité spatiale. Elles forment un plan en croix recevant la programmation individuelle de chaque galet.

Les espaces interstitiels et la surface des mégalithes, quant à eux, accueillent les jardins suspendus. Les galets en porte-à-faux sont également recouverts de panneaux photovoltaïques et thermiques, et plantés d'éoliennes à axe vertical afin de proposer un bilan énergétique positif. Arriver à concilier urbanisme et développement durable serait-il finalement possible ?
Source : maisonapart.com