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Le commerce de demain avec PICOM

29 Mars 2013, 17:32pm

Publié par Grégory SANT

 

Commerce du futur

Complexe, la relation entre commerce et numérique n’en est pas moins riche d’opportunités. Les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), omniprésentes, ont déjà transformé les modes d’achats : en 2012, 32 millions de Français ont acheté en ligne, selon la Fédération e-commerce et vente à distance (Fevad). Or, telle que se profile la relation future entre le consommateur et le distributeur, on sait déjà qu’elle dépassera de loin ce premier stade. Dès à présent et plus encore d’ici quelques années, le commerce se fait partout, tout le temps et depuis tout support.

C’est ce que l’on appelle le commerce ubiquitaire . Patrick Brunier , délégué général du Pôle de compétitivité des Industries du Commerce (PICOM)  insiste sur ce vocable, pour définir un commerce tridimensionnel, capable d’investir tous les espaces du consommateur et d’interagir avec lui en tout temps, à partir du média le plus adapté au contexte. Imaginez une mère de famille, qui fait ses courses depuis son téléphone mobile dans le train qu’elle prend le matin et les récupérerait le soir, déjà rangées dans le coffre de son véhicule stationné près de la gare. C’est ça le commerce de demain.

Innovations d’usage

L’innovation n’est ici pas uniquement technologique, mais d’usage. Raouti Chehih , directeur général d’Euratechnologies – dont l’incubateur accueille une dizaine d’entreprises travaillant sur l’ubiquitaire – rejoint Patrick Brunier sur ce point. Il résume : « l’idée est d’adapter les objets aux usages, de les rendre intelligents et de les mettre en réseaux. Cela, la technologie sait le faire ». Le délégué général du PICOM renchérit pour sa part « il faut démystifier la technologie, ce ne sont pas des choses complexes qui s’inventent (…) Il faut projeter l’usage des technologies dans la vie quotidienne des consommateurs  ».

Par exemple, le packaging d’un produit pourrait communiquer avec la table de la cuisine pour fournir des informations nutritionnelles. Mais bien sûr, ces usages nouveaux impliquent un bouleversement de la relation client pour le commerce qui doit passer  « d’une proximité physique à une proximité relationnelle avec le consommateur », développe Patrick Brunier. Et dans ces conditions, l’ubiquitaire revêt une dimension fortement stratégique pour les commerçants. Le magasin change de fonction, devant apporter une valeur ajoutée supplémentaire au client, ce qu’illustrent les tentatives de digitalisation des espaces de ventes physiques. Par exemple, les bornes interactives, ou des showrooms permettant de manipuler les objets dans leur contexte d’usage. La communication entre l’enseigne et le client, quant à elle, semble ne plus connaître de limites : le temps et la surface de contact entre eux s’élargissent.

Du commerce au service

A ce parcours-client complexifié, le commerce devra désormais répondre par une promesse de continuité de service . Car c’est bien vers le service que ce dernier se dirige. En témoigne la New Shopping Experience  du PICOM, qui reproduit dans une mise en scène concrète des innovations qui rejoindront bientôt les magasins ou les services de commerce en ligne. Sa troisième édition met par exemple en avant une télévision connectée permettant de réaliser une séance de fitness personnalisée à domicile et de bénéficier des conseils d’un vendeur expert (TV to Store développé par Idées-3com et Aptonia). Cette innovation, comme d’autres que soutient le PICOM, implique une forte collaboration entre des PME innovantes, qui apportent les technologies, et des enseignes commerciales, au sein desquelles elles sont testées, toujours dans la logique de relier la technologie et l’humain.

Reste à résoudre la question de la sécurité des données, dès lors que la donnée client se trouve au cœur des systèmes d’information en cours d’élaboration. Patrick Brunier pense que cette information client doit être valorisée, y compris aux yeux du consommateur lui-même. Raouti Chehih, quant à lui, voit dans la gestion des données un important potentiel de développement économique, et de différenciation. « Le stockage, l’analyse et la sécurité des données seront les sujets principaux des cinq prochaines années, assure-t-il, c’est là où se situe l’innovation aujourd’hui  ».

Économie de demain

Pour faire émerger l’innovation digitale de demain, Raouti Chehih métamorphoserait presque Euratechnologies en jardin du numérique « Nous devons nous mobiliser pour permettre à ces entrepreneurs d’être plus forts dans leurs projets. Nous préparons le terrain, nous le viabilisons, pour amener les entrepreneurs à planter des graines qui deviendront des arbres ». Il ne faut pas pour autant imaginer qu’il est facile d’avoir la main verte. Même si l’écosystème régional est favorable à l’émergence des technologies numériques, il faut veiller à ce que le vivier de PME régionales novatrices ne s’épuise pas, et à structurer l’innovation.

Sur ce point, l’arrivée du Retail Innovation Center (RIC) , un centre d’innovation pour le commerce, est une étape importante pour le PICOM. A cela s’ajoute la nécessité pour ces entreprises de trouver les talents et les compétences indispensables à la poursuite de leur développement.

Le Nord-Pas de Calais arrive donc à la croisée des chemins numériques. « Il faut être aussi bon dans le numérique qu’on l’a été dans le charbon, le textile, la vente à distance […] la région ne doit pas rater la place qu’elle peut prendre dans ce domaine » soutient Raouti Chehih, qui rappelle que « le numérique est un des rares vecteurs de développement dans un monde en crise économique ». Au sein d’Euratechnologies et du PICOM, le message est déjà bien passé.

Source : jinnove.com

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