Le bas prix de l’essence et le peu de souci de Trump pour l’environnement encourage Ford à pousser la production de grosses voitures aux Etats-Unis. Le constructeur américain a ainsi annoncé vouloir économiser 14 milliards de dollars d'ici 2022 en se concentrant sur les grosses voitures, aux marges plus lucratives.

Dans le même temps, il va aussi accélérer sur le tout-électrique et le tout-connecté.
 

"On va effectuer un virage vers des camionnettes à plateau et des SUV et moins de voitures classiques" (berlines, compactes et citadines), a indiqué Jim Hackett, nommé PDG depuis mai, en remplacement de Mark Fields dont la stratégie était jugée floue.

Surfer sur le bas prix de l'essence


Pour mettre en place sa nouvelle stratégie, Ford va ré-allouer 7 milliards de dollars précédemment destinés au développement des voitures classiques à la construction de grosses voitures, tels le pickup Ranger et le SUV (4X4 de ville) EcoSport en Amérique du Nord.

Ces véhicules, qui ne sont pas parmi les plus sobres, sont particulièrement prisés par les Américains sur fond de prix bas de l'essence à la pompe.

Parallèlement, la marque à l'ovale bleu va ventiler 4,5 milliards de dollars promis au développement des voitures à combustion à la construction de véhicules tout-électrique.

Ford prévoit ainsi de lancer 13 nouveaux VE dans les cinq prochaines années.
Comme la plupart des groupes automobiles, il s'oriente vers les technologies électriques, encouragés par le fait que, de la Chine à l'Europe, les autorités brandissent leurs ambitions écologiques et que les normes environnementales se durcissent.

Ford promet par ailleurs que 90% de ses voitures vendues à l'horizon 2020 seront connectées c'est-à-dire disposeront des technologies dernier cri permettant par exemple au véhicule d'effectuer seul certaines manoeuvres.
 

Vers des usines plus productives


Le nouveau plan stratégique table en outre sur 14 milliards de dollars d'économies, dont 10 milliards viendront de réductions de coûts des matériaux et 4 milliards des coûts d’ingénierie.

Ford veut réduire de 20% le temps de développement d'un véhicule et moderniser ses usines en y introduisant de l'imprimante 3D, plus de robots et des outils de réalité virtuelle. Il va également utiliser les données massives (big data) à sa disposition pour améliorer sa logistique.

Le constructeur veut aussi produire davantage dans des régions où la main d'oeuvre est moins chère. Il va ainsi fabriquer en Chine la nouvelle génération de la Ford Focus qui sera commercialisée en Amérique du Nord. De quoi faire tousser Donald Trump !