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Des impressions 3D de pièces gonflables

30 Mai 2018, 20:18pm

Publié par Grégory SANT


 

Alors qu’on pensait avoir fait le tour des matériaux d’impression 3D les plus étonnants, BMW et le MIT Self-Assembly Lab révèlent leur projet d’étude sur un matériau liquide gonflable. Une recherche qui aurait permis de créer des structures capables de se transformer et de changer de forme et de taille à tout moment. Les deux partenaires affirment avoir développé le premier matériau d’impression 3D liquide et pneumatique qui pourrait bien avoir une utilité pour le secteur automobile.

Les travaux de recherche concernant les matériaux d’impression 3D se multiplient : silicone liquide imprimée en 3D, métamatériaux pour contrôler sons et vibrations mais aussi du verre et matériaux énergétiques. Le MIT fait d’ailleurs partie des instituts qui ont porté des projets autour de la fabrication additive, plus précisément autour du graphène. Cette fois-ci, il a collaboré avec le constructeur automobile BMW et s’intéresse à un matériau liquide, capable de gonfler et se transformer. Après deux ans d’études, les deux partenaires dévoilent les premiers résultats.

matériaux 3D

Crédits photo : BMW

Les structures gonflables sont très utiles pour un certain nombre d’applications, que ce soit pour créer des packagings innovants mais aussi pour certains pièces intérieures d’une voiture. C’est donc sans surprise que BMW se concentre sur toutes ces pièces pneumatiques tandis que le MIT affirme avoir une approche plus globale sur la question. Ensemble, ils souhaitent révolutionner le confort des futures voitures autonomes. Ils auraient donc créé ce qu’ils appellent ‘Liquid Printed Pneumatics’ c’est-à-dire une structure gonflable imprimés à partir d’un liquide particulier, capable de changer de forme et de taille. Martina Starke, responsable vision de la marque et design chez BMW explique “Nous sommes fiers de pouvoir montrer nos résultats. Le projet Liquid Printed Pneumatics est un parfait exemple d’une collaboration interdisciplinaire fructueuse que nous verrons de plus en plus au cours des prochaines années, notamment chez BMW. » 

Des matériaux liquides pour créer une structure gonflable

Ces structures pneumatiques imprimées en 3D auraient été développées en déposant des couches successives de matériaux liquéfiés comme le caoutchouc, la mousse ou le plastique dans une cuve de gel. Ce gel permettrait de maintenir le liquide en place, offrant alors la possibilité de créer des objets plus grands ou plus complexes qu’une imprimante 3D. La forme alors obtenue resterait intacte jusqu’à ce qu’elle durcisse.

 

matériaux 3D

Afin de créer ces structures gonflables, les chercheurs auraient utilisé un caoutchouc en silicone et auraient ensuite fait varier la pression grâce à des chambres à air afin que la structure puisse prendre différentes formes et plusieurs niveaux de fermeté.  Skylar Tibbits, le fondateur du Self-Assembly Lab explique en d’autres termes : “La structure est programmée avec de l’air. Il vous suffit d’envoyer différentes impulsions pour la faire varier.” Le MIT et BMW montrent ainsi une belle application de la fabrication additive et repoussent même certaines de ses limites! Vous pouvez retrouver davantage d’informations sur le site officiel du MIT Self-Assembly Lab.

matériaux 3D

Crédits photo : MIT Self-Assembly Lab

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Five : l'outil de mesure et de dessin tout en un

30 Mai 2018, 20:09pm

Publié par Grégory SANT

Crowdfunding : Five l'outil tout en un par Franck Grossel

 Après Greenwall 2017 et Onshot Backpack, le jeune designer ne manque pas d’idées et nous présente Five, un nouvel outil qui va rapidement devenir l’indispensable du créatif, designer, architectes… Lui permettant en un seul « objet » d’avoir un rapporteur, une équerre, réglet et plus encore…

« Pendant plus de 6 ans, j’ai étudié et travaillé en tant qu’ébéniste en France. Durant cette expérience en atelier, j’ai utilisé toutes sortes d’outils pour répondre à des besoins précis … Quelques années plus tard et pendant mes études en Design de produit, j’ai souhaité développer un produit qui puisse être une alternative à un outillage dont on ne dispose pas toujours.  »

 

Un belle idée et réalisation, le designer propose d’associer sa communauté et de passer aux jugements son idée en proposant une campagne de crowdfunding sur la plateforme kickstarter.


Une campagne comme rampe de lancement lui permettant de financer les premiers modèles en série, de les améliorer et décliner en différents matériaux : Acier inoxydable, Bois, Couleurs…

Crowdfunding : Five l'outil tout en un par Franck Grossel

Revenons au projet, FIVE, entièrement réalisée en France, il décline son outil en deux modèles : l’un plat à destination de la 2D et le travail sur papier (le transparent), l’autre en version noire, permettant de travailler en atelier sur des découpes de bois, prises de mesures…

Uu outil simple, efficace, qui pourra facilement vous suivre en se glissant dans votre poche, carnet ou boite à outils !

Qu’en pensez-vous ?

Crowdfunding : Five l'outil tout en un par Franck Grossel

 

 

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Des coucous architecturaux par Guido Zimmerman

30 Mai 2018, 20:05pm

Publié par Grégory SANT

L’artiste pluridisciplinaire allemand Guido Zimmerman, ré-interprète l’emblématique coucou germanique en utilisant des exemples d’architecture moderne.

Si l’horloge coucou représente la maison classique de la classe moyenne de l’époque, ses nouvelles créations s’adaptent à la vie sociale actuelle. Pour créer ses “Cuckoo Blocks”, l’artiste a pris exemple sur de vrais bâtiments brutalistes du Bauhaus et de Marcel Breuer.

Pour en savoir plus: Guido Zimmerman

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Stickman le robot acrobate de Disney Research

28 Mai 2018, 18:36pm

Publié par Grégory SANT




Disney se laisserait-il contaminer par la fièvre robotique de Stark Industries ? Son laboratoire de recherche, Disney Research, est parvenu à élever son robot baptisé Stickman au rang d'acrobate patenté, capable d'effectuer, après s'être élancé d'une corde, une roulade arrière dans les airs.

Un joli exploit de robotique, que Disney veut maintenant pousser plus loin.
 

Un gymnaste de 2,10 mètres


Pour l'heure, il n'est qu'un bâton articulé, d'où son nom de Stickman. Mais le robot développé par Disney Research est d'ores et déjà capable d'une jolie prouesse physique digne du cirque. La vidéo ci-dessous nous le montre effectuant une acrobatie. Stickman est accroché à l'extrémité d'une corde. Il élance sa grande carcasse haute de 2,10 mètres, lâche la corde, et tel un gymnaste, se replie sur lui-même, effectue une rotation vers l'arrière et se redéploie une fois le backflip réalisé, avant d'atterrir sur un matelas.

Pour effectuer cette prouesse, Disney Research a combiné plusieurs technologies. Stickman embarque une centrale inertielle lui permettant d'estimer son orientation et ses déplacements dans l'espace, ainsi qu'un trio de télémètres laser pour mesurer les distances. Il est aussi doté de la vision par ordinateur.

La robotique au service du divertissement


Stickman démontre les progrès rapides de Disney dans le domaine de la robotique, même si son acrobatie demeure moins impressionnante que les backflips du robot Atlas développé par Boston Dynamics. A quoi peut donc bien servir Stickman ? Le prototype préfigure sans doute de nouvelles attractions à destination des parcs du groupe.

Disney Research travaille sur de nombreuses technologies de pointe (informatique visuelle, robotique, machine learning, procédés de fabrications) au service du divertissement, et a ainsi donné naissance à des innovations intéressantes, comme un système permettant au corps humain de servir de haut parleur, o

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Quand l'électronique s'imprime

28 Mai 2018, 18:26pm

Publié par Grégory SANT

Et s’il y avait un moyen d’encoder de façon invisible les données sur papier ? Un circuit d’antenne imprimé développé par l’UE avec une puce à film mince flexible le permet.

Tout se numérise peu à peu, même les cartes à jouer et les emballages de produits. Depuis un certain temps, il est possible d’imprimer des circuits d’antenne radio sur du carton, ce qui permet de numériser et de suivre des articles.

Avec des technologies conventionnelles, un circuit de communication en champ proche (NFC pour near-field communications) à oxyde métallique serait imprimé sur un substrat en plastique, créant un sandwich à trois couches (papier-plastique-papier). Cependant, sur des cartes à jouer, cette structure serait visiblement épaisse. Les puces de silicium conventionnelles, comme celles des cartes de crédit, seraient encore plus épaisses, et aussi excessivement chères à produire.

Des antennes NFC plus fines

Le projet PING, financé par l’UE, a développé un meilleur type d’antenne NFC. Les nouvelles balises NFC du projet se composent d’une antenne imprimée dotée d’une puce flexible à couche mince. L’antenne est imprimée directement sur l’une des couches de papier, éliminant la troisième couche interne en plastique. Cela garantit le même aspect et la même sensation qu’une carte à jouer normale.

Les balises n’intègrent pas de piles. Au lieu de cela, la puce reçoit l’énergie nécessaire du signal qu’elle reçoit du lecteur de périphérique. L’application principale est la numérisation et la lecture sans contact.

«Un exemple courant dans une application NFC existante serait le forfait de ski», explique Sophie De Schepper, coordinatrice du projet PING. «Vous vous dirigez vers le terminal et un lecteur NFC détecte la présence de la balise NFC. Le lecteur la vérifie en fonction des dates codées sur la puce, et décide de laisser passer le skieur.» Il n’y a plus besoin de placer son portefeuille contre un scanner.

Les applications PING incluent les cartes de casino et autres jeux de cartes. Dans un casino, chaque carte serait identifiée individuellement. Pendant que le croupier donne, les lecteurs dédiés dans le tableau enregistrent chaque carte, ce qui rend la tricherie impossible. Cette méthode élimine également la présence d’un réseau complexe de caméras de télévision cachées nécessaires à la diffusion des matchs de poker professionnels. La combinaison des balises NFC et des scanners signifie que le système informatique met constamment à jour et diffuse les mains des joueurs au profit des téléspectateurs.

Une autre utilisation serait les emballages de produits. Supposons qu’un acheteur souffrant d’une allergie alimentaire se trouve dans un supermarché contenant un certain paquet de nourriture recouvert d’une étiquette PING. Le paquet est scanné avec un smartphone compatible NFC. Alors, l’écran du téléphone clignote en rouge, conseillant de ne pas acheter cet article. «Le téléphone compare les informations de la balise aux données médicales stockées sur le smartphone, et vous informe que le produit contient des ingrédients auxquels vous êtes allergique,» explique Mme De Schepper.

Une deuxième application de jeu réside dans les cartes à collectionner. Le projet enrichit l’expérience des cartes à échanger. En scannant une carte avec son smartphone, on met automatiquement à jour une collection en ligne qui permet de la partager ou de rivaliser avec d’autres collectionneurs.

Changer la donne

La technologie du projet change la donne. Les balises NFC PING coûteront moins de la moitié d’une balise NFC traditionnelle. De plus, leur grande minceur (moins de 25 μm) et flexibilité permet de les intégrer presque partout, sans avoir à revoir la conception des produits existants.

Pour ce travail, PING a remporté le prix Innovation produit de la Commission européenne. La phase suivante du projet consistera à améliorer les processus nécessaires à la pleine capacité de production. Jusqu’à présent, le marché a montré un intérêt considérable.

Il ne fait aucun doute que les puces NFC intégrées deviendront courantes à l’avenir. Bientôt, tout ce qui doit être suivi ou identifié individuellement pourra inclure l’une des balises imprimées de PING. Elles pourraient révolutionner les techniques d’authentification de documents.

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Votre smartphone va servir à démarrer votre voiture

28 Mai 2018, 18:19pm

Publié par Grégory SANT

 

 

Selon le site The Information, Apple serait sur le point de modifier le fonctionnement des puces NFC intégrées dans les iPhone afin d’en étendre les possibilités

La modification de la puce, qui devrait être annoncée le mois prochain, permettra aux possesseurs d’iPhone de déverrouiller les portes (compatibles bien évidemment) de leur habitat, ou même de démarrer leurs véhicules. La technologie NFC est considérée comme sûre, car les données sauvegardées sur la puce sont isolées et distinctes du système d’exploitation. Celle-ci est déjà couramment utilisée dans les appareils sous Android et dans de nombreux domaines, que ce soit pour le pointage des employés, le déverrouillage de chambres d’hôtel ou encore le paiement sans contact.

Si l’utilisation de la puce intégrée dans les iPhone venait à se généraliser, les habitudes et usages s’en trouveraient fortement bouleversés. Le téléphone deviendrait non seulement un portefeuille rassemblant tous les moyens de paiement (carte de transport incluse), mais aussi un trousseau de clés et une carte d’identité. Une centralisation théoriquement très pratique, mais en pratique, est-il vraiment judicieux de regrouper autant de valeurs et de fonctionnalités dans un seul appareil ? Apple devrait fournir plus d’informations sur les changements apportés à leur puce NFC lors de la WWDC qui débutera le 4 juin.

 

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Comment voyait-on 2018 en 1968

25 Mai 2018, 18:06pm

Publié par Grégory SANT

"2001 : l’odyssée de l’espace", le grand film de science-fiction de Stanley Kubrick sort en septembre 1968, année visionnaire. (Crédit : Distributeur Warner Bros. France)
"2001 : l’odyssée de l’espace", le grand film de science-fiction de Stanley Kubrick sort en septembre 1968, année visionnaire. (Crédit : Distributeur Warner Bros. France)
Les jeunes insurgés de mai scandaient : "Cours camarade, le vieux monde est derrière toi." Le nouveau monde, sans doute pas celui auquel ils rêvaient, germait alors dans les laboratoires. Promettant des chambardements d’une autre nature et plus amples que ceux de cette année 1968… qui en fut pourtant prodigue.
"Confort, progrès, gadgets : l’équipement ménager se perfectionne d’une année à l’autre. Jusqu’où cela ira-t-il ? Pensez-vous qu’en l’an 2000, votre façon de vivre sera encore modifiée par de nouveaux progrès de la technique ?" 8  mars 1968. À La Défense, vient de s’ouvrir le 35e salon des Arts ménagers (avant le grand ménage de mai), et une équipe de ­Panorama, magazine hebdomadaire de l’ORTF, se livre au convenu micro-trottoir.
 
Réponse de la première "ménagère" interrogée : "Pour vos volets, vous appuyez sur un bouton, ils s’ouvrent et ils se ferment. Même chose pour la télé, de loin, vous pouvez l’allumer et la fermer. De même, vous mettez un poulet à rôtir dans le four, il y a une minuterie qui l’arrête, que voulez-vous de plus ?"
 
Plus visionnaire, sa voisine : "Je vois, moi, un robot-moteur unique et beaucoup de petits appareils qui se brancheront sur ce moteur." Si l’on avait pu dire à cette femme qu’elle venait ainsi d’imaginer les futurs objets connectés !
 
Pour une autre : "Ne rien faire et laisser faire les robots à ma place, voilà comment je vois ma maison." Sceptique en revanche, cette visiteuse : "Ça n’arrivera pas, il n’y aura pas de machines qui vous diront "aujourd’hui c’est ceci, c’est cela”, non ça n’arrivera pas."
 

La vie à domicile

Cet an 2000, ce XXIe siècle à la fois si lointain et si proche, les réalisateurs de Panorama ont choisi, pour le visualiser, un documentaire futuriste américain montrant ce que sera alors la vie d’une famille at home.
 
Le cerveau électronique est le centre nerveux de la maison. Chaque matin, contrôle médical par un œil électronique qui effectue un examen complet et détermine automatiquement l’état général et le nombre d’exercices nécessaires pour garder la forme.
 
Mike, le père, astrophysicien, n’a plus besoin de se rendre à son laboratoire pour exercer son métier. En liaison avec le central de son entreprise, il peut recevoir et envoyer tous les documents utiles.
 
Pour son fils, l’école n’existe plus. Trois matins par semaine, un enseignement audiovisuel lui est programmé directement dans sa chambre sur des écrans récepteurs géants.
 
Karine, la mère, quant à elle, ne se déplace plus pour faire ses courses. Elle consulte de chez elle le catalogue de ses fournisseurs et passe commande sur un pupitre écran. Les factures, comme dans l’ancien temps, arrivent toujours au mari bien sûr (le réalisateur n’a pas anticipé l’évolution de la condition féminine !), mais plus vite.
 
Il peut à tout moment vérifier l’état de son compte et obtenir une photocopie de ses pièces comptables. La poste, le facteur sont des notions périmées. Un appareil à correspondance permet de transmettre, n’importe où dans le monde, des textes écrits au stylo.
 

Le Général de Gaulle

Pour les repas, la machine décide. "Mike, que voudrais-tu pour le dîner ? " "Un hamburger au fromage avec des frites et une bière bien fraîche"."Mike, la machine répond que cela correspond à 400 calories au-dessus de ce qui t’est permis". Et la "machine" de proposer illico un menu de remplacement.
 
Il faut alors deux minutes à Karine pour préparer le repas, ou plutôt pour demander à la machine de le faire. Les plats surgelés arrivent automatiquement de la chambre froide (elle contient pour six mois de vivres) à travers le réchauffeur à infrarouge.
 
Il n’y a plus qu’à servir. Après le repas, on peut pianoter – sans savoir jouer du piano – sur un clavier électronique. Ou consulter la météo instantanée en vue de la prochaine sortie. Avant le coucher, les vêtements, une fois rangés dans la penderie, sont nettoyés automatiquement.
 
"Voilà comment vous vivrez au XXIe siècle, commente le journaliste de Panorama. Mais est-ce que vous avez envie de vivre de cette façon ? " Parmi les réponses enregistrées, celle de cet homme reflète le conservatisme hexagonal de l’époque  :
       
"Eh bien, le jour où je ne pourrai plus m’asseoir autour d’une belle table et où ma petite ménagère [sic] ne m’aura pas préparé un plat que je trouverai succulent, le jour où ce plaisir me manquera, je crois que j’aurai beaucoup perdu, Monsieur. Je ne suis pas contre le progrès, il existe. D’accord, on va vite, mais on doit faire attention. Même au siècle de l’aéronautique, au siècle de la fusée qui ira sur la Lune, la cuisine, je peux en parler car je suis ancien cuisinier, c’est un peu comme au siècle des diligences : il faut avoir de la patience pour avoir un très bon résultat".
 

Plus de cancer, ni de chômage, ni de guerre

Ce Français, comme peut-être une majorité des visiteurs de ce salon des Arts ménagers de 68, correspondait encore à l’archétype du citoyen de "ce vieux pays tout bardé d’habitudes et de circonspection" que le général de Gaulle, dans son allocution télévisée du 14  juin 1960, avait décidé de transformer en pays moderne.
 
"Je ne sais pas si le mot “télévision” correspondra à cette circulation extraordinaire, nouvelle et libre qui impliquera la participation active des utilisateurs. Je ne trouve pas de mot." (Crédit : DR)
"Je ne sais pas si le mot “télévision” correspondra à cette circulation extraordinaire, nouvelle et libre qui impliquera la participation active des utilisateurs. Je ne trouve pas de mot." (Crédit : DR)
Mais, en cette année 1968 que le même de Gaulle saluait "avec satisfaction" et envisageait "avec confiance" lors de ses vœux du nouvel an, comment les Français, en dehors de leur environnement domestique, imaginaient-ils les grands changements du début du XXIe siècle ?
 
Un sondage publié cette année-là les montre plutôt optimistes et confiants dans la toute-puissance de la technologie et de la science. Parmi les grands progrès qui seront, selon eux, accomplis, trois se dégagent : la guérison du cancer, la fin de la guerre et celle du chômage (si la France est alors à l’apogée des Trente Glorieuses, le nombre de 550 000 sans-emploi commence à inquiéter…).
 
Dans le domaine de la santé, ils sont effectivement 84  % à croire que le cancer sera vaincu. Mais 78  % à estimer qu’il y aura davantage de malades mentaux. Dans le secteur du voyage, 68  % des sondés sont convaincus qu’il ne faudra pas plus d’une heure pour voler de Paris à New York (le Concorde, qui pourra le faire en trois heures, n’effectuera son premier vol d’essai qu’en 1969). Ils sont seulement 29  % à envisager que l’on pourra régulièrement aller sur la Lune (nous sommes à un an du premier pas ­d’Armstrong).
 
Pour 67  %, le pays disposera de 10 000 km d’autoroutes. Ils sont 6 4 % à penser que douanes et passeports seront supprimés et, à la question : "L’Europe ne formera-t-elle plus qu’un seul pays ?", les oui et les non sont à égalité.
 
Mais ce résultat fait quand même des Français le peuple le plus optimiste des pays européens. C’est en ce qui concerne les professions d’avenir qu’ils se montrent le moins imaginatifs : il y aura plus de professeurs, de médecins, de policiers et de fonctionnaires…
 
 

Rattraper les États-Unis

Si la moitié des Français croient en une future Europe unifiée, cette Europe ne sera forte que si elle a entre-temps comblé en partie son retard sur les États-Unis. C’était le thème du Défi américain, le best-seller de Jean-Jacques Servan-Schreiber, paru à l’automne 1967.
 
C’est celui de la 3e Conférence des ministres de la Science de l’OCDE, qui s’est tenue à Paris en mars 1968. "L’Europe voudra-t-elle entendre ces vérités ?", se demande le mensuel Science & Vie.
     
"La plupart des justifications que nous apportons à notre retard économique et technologique par rapport aux États-Unis ne résistent pas à l’examen. Elles servent en fait de prétexte à notre immobilisme, tranquille ou découragé."
   
D’après l’auteur de l’article, le retard de l’Europe scientifique n’est dû ni à l’absence de chercheurs (ils sont plus nombreux qu’aux États-Unis par rapport à la population active), ni à l’argent investi ; il ne se situe pas au niveau de l’invention mais de l’innovation, c’est-à-dire de l’utilisation des découvertes et de leur rentabilité.
     
"Une fois ce défi relevé, on pourra enfin concevoir une véritable stratégie européenne qui aura des chances d’être efficace."
 
 

"Système 24"

Restons en compagnie de Science & Vie dont les douze numéros de 1968 offrent au moins autant de thématiques exprimant les espoirs que les craintes concernant le futur… et dont la récurrence – pour certaines – se poursuit dans les pages de We Demain.
 
"En brûlant les combustibles fossiles, nous entamons notre réserve d’oxygène", tel est le titre choisi pour le rapport présenté par le professeur Lamont C. Cole à l’assemblée annuelle de l’American Association for the Advancement of Science.
 
En ne tenant pas le développement pour une nécessité, ce spécialiste d’écologie prend le contre-pied de l’idée dominante, s’inquiète des plans d’expansion et estime qu’il y a déjà trop d’hommes sur la Terre.
 
Si l’humanité continue dans cette voie, alerte-t-il, elle ne détruira pas seulement son milieu, elle ne se bornera pas à ruiner ce qui fait le décor de sa vie, elle finira par s’empoisonner elle-même.
 
Autre titre intriguant : "Système 24. Comment la deuxième révolution industrielle est en train de naître de l’autre côté du Channel ".
 

 

Le rapport prévoyait que la population mondiale (3,55 milliards en 1968) atteindrait 8 milliards en 2100. On parle aujourd’hui de 9 milliards en 2050. (Crédit : Flickr / ThisParticularGreg)
Le rapport prévoyait que la population mondiale (3,55 milliards en 1968) atteindrait 8 milliards en 2100. On parle aujourd’hui de 9 milliards en 2050. (Crédit : Flickr / ThisParticularGreg)
"Enfin, écrit l’auteur de cet article, les systèmes informatiques vont être appliqués aux processus de fabrication par lots qui n’ont pratiquement pas changé depuis la première révolution industrielle. Toute la conception, toute l’organisation des usines vont être bouleversées. De quoi s’agit-il exactement ? Le "Système 24", ainsi appelé parce qu’il travaille 24 heures sur 24, est une nouvelle méthode de fabrication par lots, 90 % moins chère et trente fois plus rapide que les méthodes classiques, qui fait appel à un huitième du personnel et demande 85 % d’espace de moins. Sept machines-outils remplacent plus de 300 machines classiques. Ce système est actuellement mis en place dans les usines Molins à Londres : il a été conçu conjointement par Molins et IBM."
    
On aura compris que l’ensemble des opérations s’effectuera grâce à un ordinateur, et pour le Dr Ian Nussey, d’IBM, le "Système 24" est d’application universelle et "pourrait constituer le principe même de fabrication par lots pour le reste de ce siècle, voire au-delà". Panacée libérale.
 
 

La naissance d’internet

En France, au cours de l’émission télévisée Eurêka, Jean d’Arcy, directeur des moyens audiovisuels de l’Onu, après avoir été le patron de la télévision française, pressentait le phénomène.
 
Assurant que "la possibilité, pour les téléspectateurs, de choisir eux-mêmes les images et les sons qu’ils désirent, non seulement pour leur distraction mais pour tous les actes pratiques de la vie, était la révolution de l’avenir".
     
Il ajoutait  : " Je ne sais pas si le mot “télévision” correspondra à cette circulation extraordinaire, nouvelle et libre qui impliquera la participation active des utilisateurs. Je ne trouve pas de mot. J’attends des professionnels de la langue qu’ils en trouvent un nouveau qui définira cette révolution."
     
Il faudra attendre 1972 pour qu’apparaisse le mot « Internet » qui, pour écran, aura "choisi" celui de l’ordinateur. La révolution, effectivement. L’autre, celle rêvée sur les barricades de mai 68, devra encore attendre.
 
Dans Le Fait Public, mensuel créé par les journalistes de l’ORTF virés à la suite de leur longue grève de mai, le jeune physicien et chanteur, Évariste (voir We Demain n°13), avait "mathématiquement" prévu  : " En 2008, la révolution triomphera." 

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Les Boeing 777X ont des bouts d'ailes repliables

25 Mai 2018, 18:03pm

Publié par Grégory SANT

[Vidéo] Boeing assemble le 777X, le premier avion civil à l'extrémité des ailes repliable
L’assemblage des ailes des futurs Boeing 777X a commencé.
© Boeing

 

 

L’assemblage des ailes des futurs Boeing 777X a débuté. Pour cette partie assez particulière de l’appareil, le constructeur aéronautique américain s’est fait remarqué en révélant un concept d’avion dans lequel l’extrémité des ailes pourrait se plier et se déplier.

Une première dans l’aviation civile, même si le procédé a déjà été utilisé sur des engins militaires comme le F-18. Dans une vidéo filmée à l’intérieur de son usine d’Everett, dans l'État de Washington (États-Unis), Boeing dévoile des étapes de construction de l’avion.

En dépliant l’extrémité de ses ailes, l’envergure de l’appareil passera de 65 à 73 mètres, faisant du 777X l’appareil le plus large de Boeing devant le 747-8. En plus d’être repliables, les ailes du 777X sont faites de fibre de carbone, un matériau plus solide et plus léger que l’aluminium.

A quoi sert exactement cette innovation ? En tout cas pas à battre des ailes tel un oiseau. La raison du dispositif est beaucoup plus pragmatique : il s’agit de réduire l’envergure de l’appareil pour lui permettre de circuler dans les aéroports sans aménagement spécifique.

Le premier vol du 777-9 en 2019

Par ailleurs, la Federal Aviation Administration (FAA) a certifié le 18 mai cette technologie en fixant dix conditions. Parmi ces exigences, elle demande que les extrémités résistent à des rafales de vent de 120 km/h. Elle requiert également qu’il soit impossible de relever les extrémités des ailes en vol pour des raisons matérielles ou logicielles. Une condition qui devrait être remplie grâce aux mécanismes de verrouillages, détaillés dans une autre vidéo de Boeing publiée en janvier.

Le premier vol du 777-9 de Boeing doit se dérouler en 2019. En 2020, une première livraison doit parvenir à Emirates Airlines. La compagnie émirati a commandé 115 appareils 777-9 et 35 modèles 777-8.

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Digimarc et Walmart lancent un robot inventaire

25 Mai 2018, 17:59pm

Publié par Grégory SANT

 
Les robots inventaires de Walmart font leur preuve…

En octobre 2017, Walmart annonçait le déploiement de robots inventaires dans plus de 50 de ses magasins aux Etats-Unis. Aujourd'hui, cette brigade de robots a déjà parcouru plus de 2000 miles, soit environ 3220 km, en sillonnant les rayons des supermarchés américains.

Hauts de 60 cm, ces robots sont dotés de caméras et de capteurs leur permettant de lire les étiquettes RFID, les codes-barres (grâce à un partenariat avec Digimarc) et de faire de la reconnaissance d’images. Leur mission ? Analyser les rayons d'un magasin pour détecter toutes sortes d'anomalies (une rupture linéaire, une erreur de prix, un mauvais étiquetage, un produit mal placé, etc.) et alerter les équipes. Un moyen indirect d'augmenter les ventes d'un supermarché en limitant les manques à gagner provoqués par ces irrégularités.

Selon John Crecelius, vice-président de Walmart en charge de l'innovation, ces robots scannent les produits alimentaires et les consommables trois fois par jour. Au total, depuis leur déploiement, les robots auraient ainsi scanné quelque 78 millions d'items. Cela représenterait environ 13 000 scans par jour et par robot.

Le numéro un mondial de la grande distribution prévoit de continuer à collecter ces données avant d'envisager une extension de son programme. D'après le constructeur de robots, l'entreprise Bossa Nova Robotics, la réaction des clients en magasin reste mitigée. Certains seraient particulièrement intrigués, mais au moins 50 % les ignoreraient complètement.

Laurent Desegur, VP Front End Engineering et Mobile de Walmart Labs, se veut rassurant : "Ces robots n’ont pas pour objectif de remplacer des jobs. Les gens vont faire autre chose", a-t-il indiqué à L'Usine Digitale à l''occasion du NRF 2018. Et d'ajouter : "L'avantage est d'ôter cette corvée aux responsables de rayons et de gagner du temps. Cela offre la possibilité d’avoir un inventaire quasiment en temps réel dans les magasins, de voir où sont les objets qui se vendent le plus, de vérifier l’inventaire et les prix, et ainsi de produire un état des lieux des rayons beaucoup plus rapidement".

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Le Bitcoin nécessite 1GW/h d'énergie

22 Mai 2018, 19:17pm

Publié par Grégory SANT

bitcoins

Comparaison n'est pas raison, dit le dicton. Mais l'image est tout de même saisissante : un économiste spécialiste de la blockchain estime qu'au minimum, le réseau Bitcoin est à niveau de consommation électrique de 2,55 gigawattheures par an, soit l'équivalent de la consommation annuelle électrique de l'Irlande.

Pour rappel, un gigawattheure (GWh) est une unité équivalente à mille millions (1 000 000 000) de watts heure ou un million de kilowattheures

Et la trajectoire du réseau Bitcoin montre que sa consommation va encore tripler, avant de se stabiliser, et de décroître.

Déjà l'Irlande, bientôt l'Autriche


Le bitcoin déchaîne les passions : certains voient en lui un simple produit spéculatif et une monnaie parfaite pour le crime organisé ; d'autres le considèrent comme un projet révolutionnaire de décentralisation de la production monétaire et des échanges financiers. Mais ce que personne ne pourra contester, c'est le bilan énergétique du réseau Bitcoin : le minage de la cryptomonnaie consomme des quantités effarantes d'énergie.

Et ce constat vaut pour tous les réseaux de production de cryptomonnaie, Bitcoin n'étant que le plus gros et le plus célèbre, mais aussi le plus gourmand. Dans la revue spécialisé dans le secteur de l'énergie Joule, l'économiste spécialiste de la blockchain Alex de Vries estime qu'à lui seul, le réseau Bitcoin consommait en mars 2018 l'équivalent de 2,55 GWh par an. Soit à peine moins qu'un pays comme l'Irlande, dont la consommation électrique est de 3,1 GWh/an.
 

Le Lightning Network comme espoir


Le réseau Bitcoin traitant chaque jour environ 200.000 transactions, un rapide calcul permet de dire que chacune d'entre elle demande aujourd'hui 300 kWh. Au tarif régulé EDF, c'est une facture de 35 euros. C'est aussi ce que consomme un réfrigérateur... en un an. Et la trajectoire de Bitcoin est ascendante : Alex de Vries estime que très bientôt, créer un Bitcoin demandera trois fois plus d'énergie, soit 900 kWh.

Bitcoin absorbera bientôt l'équivalent de 7,67 GWh/an, soit ce que consomme un pays comme l'Autriche. L'équation énergétique du bitcoin est donc un vrai problème. Certains disent que le minage de cryptomonnaies une catastrophe écologique en puissance, à rebours de tous les nécessaires efforts de sobriété énergétique. Mais l'espoir est permis : Alex de Vries estime que le pic de consommation de Bitcoin sera atteint cette année, et devrait se stabiliser grâce à des solutions techniques comme le Lightning Network qui permettront de désengorger la blockchain, et d'alléger son bilan carbone.

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